Editions de La Pierre Verte
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Géobiologie, feng-shui

 

Géobiologie, radiesthésie


Ne voulant me fâcher avec personne, j'éviterai de rentrer ici dans le détail des fourmillantes théories de l'invisible que brassent avec délice les tenants de ces disciplines. Ils sont les seuls à même de raconter leurs méthodes, limites et facultés, chacun ayant les siennes propres et je me garderai bien de choisir entre la lithoponcture et les tracés régulateurs pour obtenir un résultat capable d'harmoniser quelque chose dont nous ne savons rien ou presque, mais que certains pensent donc maîtriser. Une définition qui met tout le monde d'accord : la géobiologie est la science des influences de la Terre sur les êtres vivants.

À dire vrai, il en est aujourd'hui de ces connaissances subtiles comme de la découverte du Nouveau Monde. Nous savons qu'il existe des plans énergétiques et des forces impalpables qui, sans doute, président à l'organisation de l'univers. Tout comme nous savions, il y a sept mille ans, que la Terre était ronde (les Égyptiens connaissaient même son diamètre). Puis, il y eut les explorateurs intrépides qui revenaient d'Amérique, la tête pleine de sensations inconnues et la bouche d'histoires à raconter. Certains avaient vu des monstres jaunes, nus, imberbes et coloriés, tandis que d'autres avaient vu des humains. Certains avaient mangé de l'ananas, tandis que d'autres avaient chassé le renne. Certains avaient trouvé des mers d'eau douce au bord de la côte, tandis que d'autres comprenaient qu'il s'agissait de l'Amazone. Certains avaient pénétré des jungles marécageuses quand d'autres avaient escaladé des montagnes enneigées.
On disait tout et son contraire. Les voyageurs relataient des faits et phénomènes réels mais aucun n'avait raison quant aux raisons de ces observations. On allait chercher de l'or et on revenait avec des plantes nouvelles : pommes de terre, cacao ou tabac. On croyait qu'il s'agissait d'un autre univers jusqu'à ce qu'il devienne notre jardin potager. On rêvait monts et merveilles et on finissait, comme ailleurs, par labourer la terre ou la creuser péniblement.

Alors, concernant les phénomènes énergétiques qui fascinent tant nos contemporains, l'analogie est grande. Que sait-on au juste des réseaux Hartmann ou Curie qui, il est vrai, emballent notre planète comme un filet ? Ces résilles énergétiques sont détectables, mais il est, je crois, un peu hâtif de leur attribuer des vices ou des vertus spécifiques. Comment distinguer ce qui est bénéfique de ce qui est nocif ? D'ailleurs, avons-nous tous les mêmes réponses aux mêmes stimuli ? La sagesse nous enseigne qu'un point noir perdure toujours dans le grand blanc et vice-versa. Jouer avec ces forces, les diriger, les capter ou les écarter, est-ce maîtrisable ? On veut les dévier, par exemple, mais que deviennent-elles ensuite ? Et puis, tout simplement, ces réseaux Hartmann ou Curie ne changent-ils pas de place avec le temps ?

Est-ce que ces sciences futuristes peuvent être transmises ? Certes, l'humanité en parle depuis toujours et, à certaines époques antiques, il est fort concevable que des spécialistes aient acquis un certain savoir en la matière. Oui, mais voilà, dans nos contrées, les légions romaines, les cavaliers des steppes, les inquisiteurs et les philosophes du xviiième siècle se sont chargés d'anéantir toutes les subtiles, complexes et sages connaissances anciennes, accusées d'un même crime suprême : survivre d'une époque païenne.

Aujourd'hui, il semble bien que seule l'expérience de terrain donne à certaines personnes la capacité de distinguer et de comprendre la réalité d'un phénomène énergétique. Ce ne sont pas les livres actuels sur le sujet qui peuvent enseigner ce type de savoirs, tant ils font appel aux croyances et aux témoignages individuels. Ce ne sont pas non plus les appareils électroniques qui peuvent donner confiance car c'est un peu comme si l'on avait voulu mesurer le Nouveau Monde avec une balance à peser les sacs de grains. Connaître l'intensité d'un champ électromagnétique renseigne sur la présence et la force d'un champ électromagétique et c'est tout. L'utilisation d'appareils de mesure rassure mais ne dit pratiquement rien des influences. Et l'on voudrait parfois les atténuer sans même savoir si le mal qu'elles font à l'un n'est pas un bien pour l'autre.

Bref, nous en sommes au stade des apprentis et il coulera encore pas mal d'eau sous les ponts avant que la géobiologie et la radiesthésie ne deviennent des sciences exactes. Par contre, il est certain que c'est une voie à suivre et que les pionniers d'aujourd'hui préparent le terrain des générations futures qui sauront un jour domestiquer ces forces naturelles, aussi bien que nous avons déjà appris à en maîtriser d'autres, de celle de l'éléphant à celle du vent.

Pour compléter ce qui vient d'être écrit, il faut reconnaître que les meilleurs sourciers et radiesthésistes savent déterminer les circulations d'eaux souterraines. Or chacun ressent assez bien que vivre au-dessus d'un courant d'eau peut être désagréable, voire néfaste à la longue. Aussi, à la recherche de la meilleure implantation possible, est-il effectivement précautionneux de demander à un spécialiste de déterminer l'éventuelle présence d'eau en sous-sol et d'évoquer les risques qu'elle peut représenter pour l'habitation tout d'abord, pour ceux qui vivront dedans ensuite. Il faut mentionner aussi un nombre très important de témoignages sincères de personnes ayant retrouvé une meilleure santé simplement en changeant leur lit de place, sur les conseils d'un géobiologue. Quant au reste, chacun appréciera.

Estimer le sérieux et les connaissances d'un géobiologue est très difficile pour le profane. Le vocabulaire qu'il emploie peut sembler évolué, cela ne garantit pas la qualité des prestations fournies. Finalement, on ne peut se fier qu'à l'expérience : un géobiologue installé de longue date et ayant fait de nombreuses interventions dans son secteur est sans doute le plus à même de rendre un bon service.

 

Le feng-shui

À défaut de connaissances bien assurées, force reste souvent aux croyances. On veut des explications sur l'univers et on les trouve où on peut. Par chance, certaines croyances sont toutes neuves et n'ont pas encore été écartées par la raison et l'expérience concrète. En être les pionniers en Occident confère un prestige intellectuel qui peut nourrir l'existence.
L'Occidental étanche parfois sa soif de sagesse en se tournant vers l'Orient qui regorge de tant de mythes et fois nouvelles… Zen, khi, ying-yang, x-do, tous ces mots recouvrent des réalités qui portent en français des noms sans doute trop communs pour être bien comprises : calme, énergie, équilibre, voie…

Pourtant, l'être humain est partout le même et ce ne sont que les mots qui changent. Les symboles culturels aussi, qui appartiennent à chaque peuple, et se mélangent mal comme on le voit tous les jours. Savez-vous qu'au Japon, il est poli de dire à votre hôte que sa maison est laide et inconfortable pour éloigner les esprits jaloux ? Savez-vous que si le blanc est la couleur de la pureté et du mariage chez nous, il est celle de la mort en Inde ?

Si, chez nous, une rose rouge est offerte à l'être aimé, si l'on met un Christ au-dessus du lit, ce sont nos conventions à nous. Le feng-shui représente d'autres conventions symboliques de même nature, non pas une technique particulièrement efficace pour obtenir le bien-être dans notre habitat. De plus, on sait qu'écologiquement, il vaut mieux utiliser la terre de son coin pour bâtir, manger les légumes de saison, nos céréales locales, adaptées depuis longtemps à notre métabolisme, plutôt qu'espérer un bienfait de recettes sorties d'un contexte culturel général et artificiellement greffées.

Débats interminables, on discute et c'est vite la dispute. Par contre, agir ensemble conduit à la complicité et il est prévoyant de définir un peu la décoration finale de son logement en fonction des gouts de chacun et de les harmoniser à l'avance pour que le chantier des finitions ne devienne pas le théâtre de discussions désagréables entre les personnes intéressées. Dans l'intention de réaliser la maison de ses rêves, faire des choix concrets est le moyen d'une véritable satisfaction et, à la lecture de quelques livres sur le feng-shui, interprété à l'occidentale, on profitera de nombreux conseils de bon sens concernant les couleurs des pièces, leur orientation bioclimatique, les possibilités de nuisance de certains aménagements ou objets, des idées de jardinage, etc. En fait, le goût de créer une harmonie chez soi, une harmonie à soi, une ambiance à partager, en s'axant sur un regard de fin(e) décorateur(trice), c'est le feng-shui : se faire plaisir en fignolant sa maison à l'envie comme d'autres se passionnent pour le jardinage ou l'ikebana. Plutôt sympathique, non ?

 

Mais on peut aussi pratiquer le feng-shui d'une façon plus concrète : 

Présentation du feng-shui à l'occidentale par Luc Antoine, architecte à Montpellier, consultant et formateur, auteur de "La Maison-miroir, le feng-shui à l'occidentale" aux éditions de Mortagne :

L'orsqu'il intervient pour une expertise ou une mission de construction (ou de transformation), le but du consultant en feng-shui est de répondre aux besoins et désirs profonds des habitant : faire en sorte que leur futur lieu de vie réponde le mieux possible à ce qu'ils sont. C'est cette adéquation entre eux et leur maison qui va générer leur bien-être. Elle passe par un dialogue important et repose sur la prise en compte des points de vue de l'énergie et de la polarité.

L'énergie dont nous parlons est celle de la Terre principalement : elle se prolonge dans les constructions et, par là, influence l'énergie des occupants, en bien ou moins bien. Équilibrer l'énergie dans la maison consiste donc à modérer ou améliorer sa circulation : ni trop ni trop peu, ni stagnation, ni fuite.

Équilbrer la polarité s'attache aux contraires qui se manifestent dans la maison par des couples très perceptibles : vertical et horizontal, ouverture et fermeture, intérieur et extérieur, sol et ciel, ombres et lumières, etc. On évitera tout excès, à la recherche de la douceur et de l'harmonie.

La première étape d'une consultation en feng-shui consiste donc à identifier les souhaits profonds des habitants, en les invitant à discerner ceux qui leur appartiennent vraiment de ceux qui proviennent d'influences comme la mode, la famille, le voisinage, les amis. Il réalisera aussi un diagnostic du lieu de vie actuel, en décèlera les déséquilibres pour mieux les contrer dans le futur lieu de vie. Ainsi, lorsque quelqu'un manifeste des manques - chacun à sa mesure - de lumière, de silence, d'espace ou autre, les changements préconisés en tiendront compte et viseront à un rééquilibrage global.

L'identification des potentiels est une autre étape, qui permet d'identifier les atouts du lieu, parfois à l'état de germes seulement, et que le consultant en feng-shui valorisera par la suite. Des choses aussi pragmatiques que de faire tomber une cloison quand le besoin de perspective représente un souhait majeur, ou bien, au contraire, de créer des niches dans une pièce basse, quand il s'agit d'un besoin d'intimité. On peut ainsi identifier des potentiels existant qui répondent aux besoins de protection, d'enracinement ou d'élévation tout comme au désir de couleurs, de lumière, de nature, etc.

La même démarche sera appliquée pour le choix d'un terrain et de ses aménagements. Si, par exemple, un besoin de verticalité a été identifié au cours du dialogue avec les futurs habitants ou bien au cours du diagnostic de leur lieu de vie actuel, on pourra intervenir pour un remodelage du relief ainsi que par des plantations (ou des pierres) et on en tiendra compte, bien sûr, dans les volumes de la construction.

Ensuite, le cas échéant, vient la conception de la maison elle-même. En fonction de ce qui vient d'être expliqué, il est maintenant possible de faire des propositions concernant le volume général de la construction, son implantation et son orientation. Comme dans le cas d'une rééquilibrage d'habitation existante, il s'agit toujours de répondre aux souhaits profonds des occupants. À un besoin d'ouverture, d'espace, de vue, répondra un volume et des pièces à vivre ouvrant vers la pente du terrain. Un besoin  de verticalité orientera vers une maison à étage, un désir de protection conduira peut-être à adosser la maison à un talus. Cette étude est affinée en prenant parti des éléments visibles du terrain comme une différence de relief, des tracés naturels, la présence de végétation, etc.

Le conseil en feng shui porte évidemment sur l'organisatioin intérieure de la maison. Il sera attentif à la répartition, l'affectation et la forme des différentes pièces. Si, par exemple, un besoin de structuration a été montré, la préférence ira à des espaces bien définis et relativement distincts. De même concernant les espaces de circulation, la présence éventuelle d'un espace central rayonnant, la relation entre l'intérieur et l'extérieur, l'implantation harmonieuse des escaliers, portes et fenêtres, etc. Si un désir d'intimité a été identifié, on positionnera, par exemple, l'entrée en retrait par rapport à la rue et on veillera à séparer la partie privative du jardin, etc. Si un rêve de nature s'exprime, on soignera les vues vers l'extérieur, la décoration naturelle, on décidera d'une serre ou d'un patio. Plus subtil l'emploi de certaines matières favorisant l'enracinement ou la légèreté, ou bien de certaines couleurs stimulantes ou reposantes, selon les nécessités de la vie quotidienne. Ceci sans oublier les choix d'implantation du mobilier, des éclairages, et même l'aménagement détaillé du jardin, qui contriburont à leur manière à l'équilibrage des polarités et des énergies.

Des aspects psychologiques peuvent aussi être pris en compte et la réalisation de la maison tentera de répondre aux aspirations les plus générales de la personne. À la recherche d'harmonie, il pourra être proposé une maison en bois aux personnes bien enracinées ou un peu trop attachées au matériel, tandis qu'une maison en briques ou en pierre aidera les personnes trop légères à s'ancrer.

Toutes ces propositions sont généralement complétées par le point de vue bioclimatique, générateur de confort et d'économies. L'exposition au soleil, ses apports caloriques gratuits, sa lumière, demeurent un atout qui sera mis en valeur.

Enfin, le consultant en feng-shui, rejoignant parfois la géobiologie, se souciera aussi des influences des divers types de rayonnements ainsi que des champs électriques ou électromagnétiques dus aux appareils domestiques et au passage des fils de l'installation. Il s'intéressera bien souvent aux influences des réseaux terrestres subtils ainsi qu'à une exploration énergétique du sous-sol.

Ce long processus d'accouchement, qui donnera naissance à une maison équilibrée, demande aux futurs habitants (et aussi à l'architecte feng shui) de se questionner sans cesse. D'abord pour contacter leurs besoins profonds et, ensuite, pour rester fidèles, de la conception à la réalisation, aux orientations qui auront été mises en lumière. Cette implication, cette vigilance et cette conscience sont seules garantes du bien-être à venir.

 

 

 

 
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