Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

1fusteangle.jpg

Utilisateur






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Visiteurs: 19337308
WC et toilettes sèches

• • • • • • • • • • • • • • • • • •
COMMENT S'INSTALLER ?

La construction de toilettes sèches à litière va du bricolage le plus simple, un trou profond  dans la terre (ce que certains appellent des feuillets) mais c'est interdit, aux systèmes les plus sophistiqués comme les latrines des stations spatiales. On pourrait donc théoriquement creuser des trous dans le sol et en changer souvent en déplaçant le cabinet mais des précautions sont à prendre et, de toute façon, il est interdit d'enfouir ses excréments et de les laisser dans l'environnement sans avoir subi un compostage préalable, seul capable de détruire tous les microbes et les parasites dangereux.

On peut aussi fabriquer des toilettes sèches soi-même. Le plus simple, c'est un seau garni de paille au fond, avec un entonnoir relié à un bidon pour séparer l'urine. Du papier hygiénique et un autre seau avec de la terre végétale en poudre ou de la sciure de bois non traité. De l'eau propre pour se laver les mains et un torchon. C'est la version minimale qui ne demande aucun aménagement. Mais bon, on peut mieux faire, parce que, dans ce cas, l'aspect des latrines n'est pas réellement encourageant.

Image

La solution la plus courante reste quand même aujourd'hui l'achat auprès d'un fabricant spécialisé (parfois des associations) d'un ensemble complet comprenant un petit meuble en bois avec sa lunette et purvu d'un seau. Il est recommandé que ce seau soit en inox parce qu'il est facile à laver et reste sain longtemps. À dire vrai, l'idéal est d'avoir deux seaux pour pouvoir en installer un vide et tout propre quand on reçoit de la visite. Encore mieux : pouvoir retirer son seau par l'extérieur de la maison (trappe dans le mur) pour éviter de promener le seau plein dans la maison quand on l'emporte au jardin. Soulignons que l'esthétique et la commodité de l'ensemble du meuble sont importantes. Un réservoir à sciure est souvent incorporé au meuble, avec sa petite pelle en bois. Les toilettes de chez Eco-trône sont vraiment jolies, avec leur forme arrondie et leurs accessoires bien pensés.

Adopter l'usage de toilettes sèches à litière demande une conviction certaine. Nous sommes tellement habitués à voir disparaître nos matières fécales au fond des WC que tout autre idée peut paraître incongrue. Quant à s'habituer à ce que tout cela finisse dans un potager, ce n'est pas évident non plus. C'est pourquoi, l'installation de ces toilettes doit faire appel à un peu de psychologie.

En premier lieu, s'assurer de l'absence d'odeurs avec une bonne ventilation. Elle est en principe nécessaire au fonctionnement du système lui-même qui demande un apport permanent en oxygène. En second lieu, soigner l'éclairage qui n'a pas à dévoiler les secrets du clapet ou du trou profond de la cuvette. S'il est disposé très bas, les toilettes garderont leur mystère dans l'ombre. On ne peut que conseiller un soin poussé à l'esthétique du lieu, à son confort d'utilisation et à son agrément. Grande pièce bien décorée, claire et propre avec fenêtre, un seau décoré pour la sciure ou les feuilles, du genre petit tonneau ou belle corbeille de vannerie, un petit lavabo avec savon et serviette, un miroir pour se recoiffer, un bouquet de fleurs, un porte-manteau solide, des bandes dessinées rigolotes, une carte du monde face au trône pour apprendre la géographie aux petits et faire rêver les grands de voyages : la Turquie et ses célèbres chiottes à la, visite guidée de la Rome de Vespasien, les écuries d'Augias en Grèce et ce camping au sud du Maroc, avec son cabanon d'aisance marqué du joli mot "toalit" et dont le nettoyage était assuré par la rivière qui coulait directement dedans au ras du sol.

J'ai des amis qui ont pris à la lettre la phrase "où sont les toilettes ?" et qui les ont baptisées l'étoilette. Agathe a découpé une petite étoile dans la porte, a rebouché le trou avec un plastique translucide, si bien que lorsque l'étoilette est occupée, l'étoile s'éclaire de l'intérieur et on le voit. Très sympa et bien pratique. J'en connaît un autre, plus coquin, qui a dessiné un œil juste derrière la panne du loquet de la porte. Ceux qui s'enferment se voient tout à coup zieutés, marrant. Les idées ne manquent pas pour donner un cachet agréable à la pièce. Il est intéressant de faire un panneau pédagogique pour expliquer le pourquoi du comment des toilettes sèches à compost. Une petite phrase symbolique sur un écriteau peut se montrer convaincante : "Humus, la terre. Humanus, l'homme."

Certains vont même jusqu'à créer plusieurs cabinets de toilettes, un dedans et un dehors pour l'été, plus facile à aménager. D'autres en font un par personne, mais c'est peut-être exagéré. D'autres enfin en créent un grand pour la famille et un petit pour les invités, vidé dès utilisation. Libre à nous puisque, sans plomberie ni évacuation, les toilettes sèches à litière peuvent être installées partout à des coûts vraiment modiques. Rappelons que la DDASS fait obligation de l'aménagement d'un point d'eau potable pour le lavage des mains et de la cuvette.

Des toilettes sèches à compost toutes faites et compactes sont commercialisées pour un prix, selon le modèle, qui va de mille à deux mille euros, ce qui reste toujours moins cher qu'une installation de WC normale, avec sa plomberie, ses évacuations et le système d'assainissement individuel recommandé. Ces toilettes sèches sont labélisées et efficaces, fonctionnent sans désagrément et ont une esthétique moderne qui les rend familières. Elles réduisent le volume des matières de quatre-vingt-dix pour cent et ne se vident donc que rarement. Le compost est séché dans un tiroir par un air chaud pulsé et peut être employé au jardinage. Il faut simplement disposer d'une prise de courant et poser un long tube d'évacuation d'air au-dessus du toit, ce qui remplace d'ailleurs toute autre ventilation du local. Certains modèles ne demandent pas d'alimentation électrique, d'autres nécessitent une petite évacuation vers un épandage enterré. Ce système, Biolet, de fabrication suédoise, représente une économie de contraintes appréciables et conviendra parfaitement à celles et ceux qui hésitent encore un peuà faire le pas.

Après, il y a divers systèmes à double cuve étanche. On se soulage dans un compartiment, puis on ferme et laisse composter durant six mois au moins, ce qui donne un compost de bonne qualité. Quand une des deux cuves est remplie, on vide celle qui a pris le temps de mûrir et on l'utilise, tandis que la pleine est fermée à son tour. Et on recommence, chaque cuve passant alternativement du rôle de réceptacle à celui de composteur étanche. Au Vietnam, la quasi-totalité des maisons en sont maintenant équipées. Là-bas, ces toilettes sont construites au-dessus du sol, ce qui permet leur surveillance et un entretien plus facile. Les toilettes à double cuve existent dans de nombreuses versions. Lorsque les urines ne sont pas séparées, il faut chauffer et brasser le tas pour le sécher, et les réservoirs peuvent donc être conçus pour recevoir l'énergie solaire, comme dans le cas de la double cuve mexicaine qui comporte une face métallique au sud peinte en noir, ou bien dans le cas du baril californien peint en noir également et scellé. Le volume d'une cuve d'aisance doit être d'un peu moins d'un mètre cube par personne. Trois mètres cubes pour une famille de quatre suffisent. Le volume des excréments décomposés et asséchés sera de deux cents litres par personne et par an, mais on doit prévoir la place pour la matière carbonée.

Le Clivus est un gros système suédois qui donne de bons résultats mais il coûte ses quatre ou cinq mille euros sans la pose et demande une adaptation de la maison pour que les épluchures de cuisine et les excréments se mélangent. Il évite tout souci et, cinq ans plus tard, on a un compost idéal. Il peut même contribuer au chauffage de la maison avec un échangeur de chaleur. Mais c'est une solution à adopter dès la conception de la résidence, un fort investissement qui prend de la place et consomme un peu d'énergie.

Il existe quantité d'autres systèmes et procédés, jusqu'à l'incinération, dispendieuse en énergie et qui ne fait pas d'engrais, la congélation avant décharge et autres fantaisies. Mais leurs inconvénients en font plus des systèmes expérimentaux que de vraies solutions alternatives éprouvées.

Des toilettes sèches publiques autonomes équipent les lieux isolés et fréquentés comme les stations de ski, les parkings de châteaux perdus, les bords de lac, quelques îles bretonnes désertes, des refuges de montagne, etc. Ce sont des petits chalets équipés d'un système de stockage assez complexe et leur coût les réserve aux collectivités. Les urines y sont séparées des fèces qui sont séchées et ensachées pour incinération ou bien traitées sur place par lombricompostage. Elles n'utilisent ni eau ni produit chimique. Une aspiration d'air par le siège les rend inodorantes même pendant qu'on les utilise. Ventilation et éclairage peuvent fonctionner grâce à un panneau photovoltaïque et le tapis roulant de séparation des excréments a juste besoin d'un petit coup de pédale donné par l'utilisateur. Il faut vider ces toilettes tous les six mois à un an seulement et les nettoyer ne nécessite que quelques jerricans d'eau. La DDASS ayant demandé que les utilisateurs puissent se laver les mains, ces toilettes sèches publiques sont pourvues de lavabo à eau de pluie récupérée et pulvérisée. Ces toilettes publiques peuvent recevoir jusqu'à deux cent cinquante personnes par jour et deux bidons d'eau suffisent à les nettoyer entièrement en fin de saison touristique. Actuellement, elles se répandent dans de nombreux sites touristiques et c'est un bien immense. Si vous connaissez des endroits où ces toilettes sèches publiques autonomes manquent cruellement, parlez-en vite au maire de la commune du lieu. Leur nom : les toilettes Kazuba.

 

PAGES SUIVANTES :
- "La pratique des toilettes sèches" 

• • • • • • • • • • • • • • • • • •
ARTICLES EN RELATION :
- "L'eau, indispensable à la vie". Cliquer ici.
- "Les enjeux de l'or bleu". Cliquer ici.
- "La potabilisation et la vitalisation de l'eau". Cliquer ici.
- "L'assainissement naturel, la phyto-épuration". Cliquer ici.
- "La récupération de l'eau de pluie". Cliquer ici.
• • • • • • • • • • • • • • • • • •



 
Advertisement
Advertisement
Top