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WC et toilettes sèches

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COMMENT ÇA MARCHE ?

La diffusion des toilettes sèches a dépassé la Scandinavie pour atteindre l'Allemagne, la Hollande, les États-Unis et le Canada. En Israël, en Chine, au Japon ou au Vietnam, la récupération des excréments des citadins est organisée pour l'épandage dans les champs. Cette façon de faire est soutenue par de nombreuses associations dont Greenpeace et le WWF, qui en ont fait un axe important de leurs actions en faveur de la préservation mondiale de l'eau et qui souhaiteraient voir adopter les toilettes sèches dans tous les pays arides, ceux du tiers monde en tête. Ces associations recommandent l'usage de tels systèmes et diffusent inlassablement l'information relative à leur installation, mais elles doivent encore trouver les méthodes et processus adéquats à une utilisation saine des toilettes sèches en zone urbaine, ainsi qu'à la collecte et au compostage des excréments, puisque bientôt ce seront les quatre cinquièmes de l'humanité qui vivront en ville. En France, les toilettes sèches rencontrent la réticence des usagers et l'adoption de cette alternative reste encore trop exceptionnelle. Pourtant, elle permet d'épargner de 20 à 40% des eaux ménagères et près de la moitié si l'on utilise les eaux grises de la cuisine et de la salle de bains pour l'arrosage du jardin.

Le principe des toilettes sèches à litière est le suivant et n'a rien d'ésotérique. Les matières fécales sont mélangées dans une proportion de 1 pour 5 avec de la matière carbonée sèche, comme des feuilles mortes broyées, ou de la sciure de bois non traité ou du carton déchiqueté ou certaines terre, etc. L'utilisation de paille convient moyennement car sa biodégradation est lente. La cendre de bois appauvrit le compost, le sable est proscrit et les épluchures ou l'huile ont plus d'inconvénients que d'avantages. On met une poignée de ces débris secs broyés par-dessus le tas après chaque usage. Avec un mélange correct et sans intervention, se forme dans le réservoir collecteur ce que l'on appelle de l'humus, le même que celui de la forêt, en un peu plus dense et régulier, un terreau parfaitement sain, sans odeur et très riche pour la croissance des végétaux. Il faut pour cela assurer une bonne fermentation et tout faire pour favoriser le processus. Chaleur et air, ainsi qu'un brassage régulier, sont nécessaires à la décomposition rapide du compost d'excréments et de végétaux.

Selon certains spécialistes, la meilleure matière pour recouvrir le résultat de chacune de nos défécations est la poudre de terre sèche et vivante car elle offre le plus d'avantages. Elle absorbe les substances volatiles et fixe l'azote vingt fois mieux que la cendre de bois, empêchant les odeurs et l'attraction des mouches. Elle retient humidité et chaleur, ce qui accélère la décomposition et prévient l'apparition des parasites. Elle fournit des micro-organismes qui émiettent et décomposent, ainsi que des éléments minéraux nécessaires aux cycles biologiques. Elle est donc désodorisante, insecticide, désinfectante et minéralisante. Un peu de superphosphate ou de phosphate de calcium, un engrais classique, peut être ajouté pour tuer les odeurs, équilibrer la valeur fertilisante de l'engrais, stimuler l'activité microbienne de compostage et aider à la disparition de nos bactéries intestinales. En agriculture bio, les éleveurs utilisent le lithotame, une algue calcaire broyée, destinée à assainir la litière des animaux.

La tourbe est également un bon produit de compostage mais, souvent sèche, elle devra être mouillée avant de servir. Il faut toutefois signaler que l'exploitation des tourbières constitue une atteinte à un milieu naturel fragile et trop riche biologiquement pour ne pas être préservé. Des tourbières sont massacrées dans les pays de la Baltique, et, en France, la Loi sur l'eau, toute récente, est la première à proposer une protection de ces milieux. Par contre, la tourbe venue d'Allemagne est exploitée dans des conditions précises, garantes de leur pérennité. Sur les trois cent cinquante mille hectares de tourbières en Basse-Saxe, un peu plus de la moitié sont dans l'emprise territoriale d'un parc naturel, ce qui les rend intouchables. Près de quarante pour cent sont destinés à un usage agricole après chaulage et seul un dixième des superficies est consacré à une extraction qui fait l'objet d'une réglementation particulièrement sévère, comme l'obligation d'un dépôt de caution qui garantit la remise en eau et à l'état naturel de la tourbière après son abandon. La tourbe ? Ok, si elle est allemande. Sinon, non.

Finalement, c'est, et de loin, la sciure de bois qui est la plus employée. On en trouve partout dans les scieries et c'est là qu'on pourra la demander issue de bois non traité, ce qui est capital. Dans les menuiseries, on risque trop de trouver de la sciure venant de panneaux industriels qui comportent de la colle et des produits chimiques. Enfin, ça dépend ! Certains panneaux ne sont pas collés avec des produits toxiques. L'Isorel, par exemple, est dans danger. Personnellement, pour la fabrication des Ecoquilles, je remplis des dizaines de sacs de 200 litres avec de la sciure de douglas non traité et une bonne dizaine de personnes de ma région se fournissent régulièrement à mon atelier, aussi bien pour leurs toilettes sèches que pour la permaculture de leurs potagers.

 

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