Editions de La Pierre Verte
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Filtration de l'eau
Améliorer l'eau, la purifier, la filtrer

De l'eau du robinet, les écologistes qui se sont penchés sur elle disent qu'elle est morte. Y aurait-il des eaux vivantes et d'autres moins ? De quoi s'agit-il ? Et quelle importance cela a-t-il vraiment ? Ne suffit-il pas qu'elle soit propre ?

Le vitalisme de l'eau
L'eau est un élément curieux. Sa simplicité chimique, deux atomes d'hydrogène pour un atome d'oxygène, cache en fait une complexité physique qui interroge les scientifiques. L'eau n'est pas seulement un solvant quasi universel, c'est aussi un milieu réactionnel aux propriétés multiples. Sa capacité de liaison avec quantité d'atomes en fait le point de départ d'une complexité moléculaire croissante. Dans notre corps, l'eau est le milieu catalyseur de tous les phénomènes de la vie, le solvant où interagissent des milliers de molécules différentes, le liquide de nettoyage des déchets du métabolisme et des substances en excès, le véhicule de l'hémoglobine, etc. L'eau est donc, parmi nos différents aliments, une substance exceptionnelle, ne serait-ce que par sa proportion dans notre organisme. Sa qualité doit donc venir non seulement de sa propreté, absence de microbes et de produits toxiques, mais aussi de son équilibre biotique, de sa faculté à englober et à favoriser les échanges biochimiques et les réactions du métabolisme.

Dans les années cinquante, les travaux en bioélectronique du professeur Louis-Claude Vincent ont mis en évidence l'importance de paramètres subtils dans la qualité de l'eau. Depuis lors, sa vision de la santé et de la vie s'impose, tant les découvertes de ce chercheur original sont intelligentes et innovantes. Cet hydrologue a défini trois paramètres fondamentaux qui définissent la biocompatibilité de l'eau et il les a mis en corrélation avec divers types de pathologies.

Le premier facteur physique est assez connu : c'est le potentiel d'hydrogène, le pH. L'eau n'est pas seulement faite de molécules H2O. Il existe des atomes ou couples d'atomes esseulés qui cherchent à s'associer. Une eau est donc plus ou moins acide selon le nombre de protons H+ excédentaires, ou bien basique selon le nombre d'OH- en trop. Le second facteur physique fondamental est le potentiel d'oxydo-réduction, rH ou rédox, qui mesure le taux d'électrons disponibles pour les réactions chimiques, sa capacité à créer de nouvelles associations. Le troisième facteur est la résistivité, désignée par la lettre grecque r, prononcer ro, qui évalue la conductivité électrique de l'eau, sa résistance au passage d'un courant, mesurée en ohms comme pour les semi-conducteurs et qui dépend essentiellement de la concentration des divers sels minéraux, appelée viscosité ou salinité.

Si l'un de ces trois facteurs est déficient ou excessif, les réactions chimiques qui sont basées dessus vont se trouver moins faciles à réaliser, favorisant ainsi l'apparition de pathologies caractéristiques. Ainsi une eau oxydée et acide aide-t-elle au développement des affections causées par les champignons et lichens. Une eau oxydée et alcaline convient aux virus, aux dégénérescences et aux leucémies, tandis qu'une eau réduite et acide, favorable à la fermentation, ne plaît ni aux cancers, ni aux microbes dangereux, excepté la lèpre ou la coqueluche. Enfin, une eau réduite et alcaline encourage les microbes les plus pathogènes, tels la variole, le typhus, la peste et le choléra, tout en mettant à l'abri des mycoses. Rien d'absolu là-dedans, on s'en doute, car la nature ménage de la complexité partout, même dans une molécule aussi simple que l'h2o.

La notion d'eau biocompatible est remarquablement bien abordée par Annette Elens-Kreuwels, la naturopathe et iridologiste belge, dans son livre intitulé Psychophysiologie, bioélectronique et iridologie, trois méthodes convergentes et complémentaires relatives au dépistage et à la prévention des maladies. Ce texte novateur met en parallèle plusieurs sciences pour tirer des conclusions communes. Il expose les constatations et conclusions de la bioélectronique, cette méthode de diagnostic qui mesure dans l'urine, le sang et la salive, les trois facteurs physiques fondamentaux évoqués ci-dessus. C'est un livre passionnant, quoi qu'assez technique, que vous pouvez commander aux éditions du Fraysse pour en savoir plus sur les mécanismes de la vie. Il permet de comprendre les notions de terrain telles que définies en homéopathie, de situer notre santé dans le cadre des diathèses, et de comprendre notre biochimie globale.

Dans le présent livre, j'appelle donc qualité biotique de l'eau sa capacité à favoriser les mécanismes de la vie, capacité qui se trouve dans un point d'équilibre pour chacun des facteurs que sont le pH, le rédox et la résistivité. Si cette capacité est suffisante, on peut dire que l'eau apporte son vitalisme. Mais le traitement complet de l'eau d'adduction, avec sa stérilisation au chlore, sa floculation au sulfate d'aluminium et ses additifs divers, dénature son ordonnancement physique et la tue, au sens biotique du terme.
Toutefois, il est possible de rétablir un bon pH, un rédox moyen et une grande résistivité grâce à des installations domestiques, osmoseurs ou adoucisseurs. En attendant que les travaux sur la mémoire de l'eau et ses mécanismes subtils ne nous conduisent à rechercher d'autres protections encore, un hypothétique effaceur de mémoire, par exemple. Car des scientifiques comme Jacques Benveniste pensent que l'importance des concentrations chimiques disparaît devant celle des structures physiques induites. Les recherches se poursuivent pour prouver que l'eau peut garder une information dynamique dans le flou de ses structures. Si ce phénomène est avéré, il signifierait de graves inquiétudes pour l'avenir.
 
 
a. Adoucissement de l'eau et lutte contre le tartre

On dit d'une eau qu'elle est dure ou douce. Tout dépend en fait de l'endroit où elle est captée car la dureté de l'eau n'est pas toujours modifiée dans les traitements préparant sa distribution. En région de sols calcaires ou bien d'épais sols végétaux, la présence de calcium et de magnésium rend l'eau plus dure. Elle demande plus de savon pour mousser, produit des dépôts calcaires qui raidissent le linge et détériorent rapidement les canalisations et éléments chauffants des machines à laver et cumulus. Avec une eau très dure et une consommation d'eau familiale, ce sont, attention, près de dix kilos de tartre par an qui peuvent se déposer dans les canalisations d'une habitation et ces dépôts font le lit d'infections microbiennes. L'eau trop calcaire a aussi des propriétés laxatives et peut générer des calculs urinaires. Par contre, des études médicales montrent qu'elle protège contre les accidents cardio-vasculaires.

À l'inverse, dans les régions dont le sol est moins soluble, grès, granit, basalte, l'eau sera douce. Ce mot ne recouvre pas la réalité car une eau douce est corrosive et dissout les métaux, ceux présents dans les canalisations par exemple, cuivre, zinc, plomb, cadmium. Par contre, elle permet d'économiser des détergents. L'idéal serait donc de disposer d'une eau plutôt douce mais, pour réduire le risque d'intoxication par les métaux, on choisirait alors de la canaliser dans des tuyauteries de grès, voire de la débarrasser de ses polluants par des filtres à charbon actif. D'une façon générale, l'eau d'adduction en France n'est jamais très dure et l'installation d'un adoucisseur n'est utile qu'à partir d'un TH, unité de mesure de la dureté, de trente degrés. D'ailleurs la loi interdit l'adoucissement de l'eau en dessous de quinze degrés TH.
 
Corriger sa dureté, adoucir l'eau est facile, grâce à des dispositifs simples et sans entretien. Il peut s'agir de bobines aimantées placées autour de la canalisation d'amenée d'eau et qui transforment le calcaire et le tartre en une matière poudreuse qui s'élimine facilement. Ces appareils détruisent le tartre existant et empêchent sa reformation. Ainsi, non seulement on préserve le matériel électroménager, chauffe-eau, machine à laver, chauffage central, mais on se protège également de certaines pathologies urinaires ou rénales. La faible minéralisation de l'eau est un facteur d'équilibre pour tous mais on peut quand même se demander si l'induction d'un champ magnétique n'est pas destructurante pour l'eau, très conductrice d'électricité. Une autre méthode consiste à utiliser des adoucisseurs à résine transformant les surcharges minérales de calcium et de magnésium en sodium. L'eau devient alors très salée, ceci présentant un risque pour les femmes enceintes, les hypertendus et toute personne soumise à un régime sans sel. L'adoucissement de l'eau n'est donc pas une bonne idée pour l'eau de boisson et on réservera ce traitement aux eaux utilisées par les appareils de lavage et de chauffage. La loi interdit d'ailleurs l'adoucissement de l'eau par ce procédé et exige un réseau non adouci pour l'eau froide de la cuisine. D'autres procédés d'adoucissement existent dont le système Écobulles qui détruit le tartre par un apport de gaz carbonique.

La lutte contre le tartre est importante pour la sécurité microbienne car l'intérieur des tuyaux d'eau est tapissé d'un film bactérien sans danger, le biofilm, qui peut toutefois alimenter des bactéries et virus pathogènes en cas de pollution accidentelle ou de contact involontaire entre l'eau de boisson et un environnement malsain, par des fuites, un trop-plein après l'orage, un reflux dans la baignoire, ou toute autre cause inopinée.

À défaut d'utiliser un équipement capable de le détruire, on empêchera la formation du tartre en réglant la température du chauffage et du chauffe-eau à cinquante-cinq degrés, pas moins sinon les bactéries pullulent. Idem pour la machine à laver le linge dont on utilisera les programmes à soixante degrés et pas plus. Pour effacer le voile calcaire des verres et carafes, il suffit de les laver avec de l'eau salée additionnée de vinaigre. Les tuyauteries en polyéthylène réticulé, issu du recyclage, résistent bien à la chaleur et à la pression, et provoquent moins de dépôts calcaires que ceux en pvc.
 

b. Les filtres à charbon actif et/ou céramique

Très efficaces contre les métaux lourds et les nitrates, les filtres à charbon actif sont également utiles contre le chlore et le calcium, et représentent donc un traitement intéressant de l'eau du robinet. Par contre, ils n'ont pas d'effet contre les bactéries et autres microbes. L'installation d'un filtre à charbon actif ne coûte presque rien mais les cartouches filtrantes doivent être changées très souvent, tous les cinquante litres environ. Si l'on ne veut pas se ruiner en cartouches neuves, ce système de filtration sera donc réservé à l'eau de boisson, ce qui est insuffisant.

Heureusement, il existe des systèmes plus complets qui font appel à la filtration par céramique, doublée d'une autre par charbon actif compacté. Pour un peu moins de deux cents euros, on dispose d'un appareil, à brancher directement à la sortie du robinet, qui combine une cartouche céramique anti-bactérienne autostérilisante et une cartouche au charbon activé éliminant le chlore, les pesticides, les molécules chimiques et les métaux lourds, tout en conservant les sels minéraux et les oligo-éléments. Ces cartouches, d'un coût inférieur à soixante euros, se changent tous les deux à quatre mille litres, une fois par an environ, ce qui met le prix du litre de cette eau parfaitement pure à un peu moins de deux centimes d'euro. Ce système est simple, inusable, ne peut pas tomber en panne et ne nécessite aucune énergie. Il n'utilise pas d'eau en surplus et peut être complété par une filtration contre les nitrates. Il délivre une eau pure à un débit suffisant pour une utilisation instantanée, aussi bien pour la boisson que pour la cuisine. Plusieurs millions de ces filtres céramique et charbon actif sont utilisés dans le monde et il existe aussi, selon le même principe, des filtres/récipients portables pour le camping et les voyages. Ces filtres garantissent une eau agréable à boire et les conditions d'une bonne santé, ce qui n'a pas de prix. Ne devraient-ils pas être remboursés par la Sécurité sociale ?
D'autres filtres peuvent être installés sur la douche pour éliminer le chlore et les produits chimiques qui s'évaporent ou se dispersent en fines gouttelettes et que nous inhalons en quantité dix à cent fois plus importante que par la boisson. Une eau de bain ou de douche sans trace de produits chimiques ou chlorés évitera les allergies et même certaines irritations chroniques de la peau.
 

c. L'osmose inverse

Ce procédé très technologique a été mis au point récemment et permet des applications aussi spécifiques que le dessalement de l'eau de mer, la dialyse rénale et la remise en usage de l'eau de lavage et des urines produites par les spationautes dans leurs capsules. L'osmose inverse est la faculté pour les molécules d'eau de traverser des membranes capables de retenir tout le reste, y compris les éléments dissous. La porosité de ces membranes va du millième au dix millième de micron et elles retiennent aussi bien les bactéries et virus que les nitrates, tous les métaux lourds, les pesticides, les traces de pvc, les substances radioactives, etc. L'eau obtenue grâce à l'installation d'un osmoseur juste avant le robinet est non seulement propre mais ses qualités physiques sont améliorées et elle présente d'excellentes potentialités biologiques. Elle est donc recommandable pour la boisson et pour la cuisson des aliments, qui garderont toute leur saveur et leur croquant, mais aussi pour les lavages, les aquariums, les plantes, les animaux domestiques, etc.

Un problème toutefois, l'osmose inverse gaspille une certaine quantité d'eau qui est simplement rejetée. Le rendement moyen des osmoseurs est de trente pour cent, ce qui veut dire que, pour obtenir dix litres d'eau osmosée, le compteur va débiter trente litres, plus ou moins selon le modèle d'osmoseur. Avec une pompe, le rendement atteint cinquante pour cent. Malgré l'amélioration permanente des membranes, il reste important de produire l'eau osmosée au moment où le débit sert à d'autres applications comme les toilettes, vaisselles et lavages. L'eau osmosée sera stockée dans un petit réservoir pour être bue rapidement et éviter le risque potentiel de contamination. Ou bien à l'inverse, il faut prévoir un stockage de l'eau rejetée lorsqu'on en prélève à l'osmoseur. En fait, cela dépend de l'appareil utilisé. Certains sont équipés de pompes qui augmentent beaucoup leur rendement, d'autres sont un peu moins fins et laissent passer un filet d'eau suffisant, sans perte inutile. Bien se renseigner sur ce sujet de façon à prévoir les espaces et aménagements nécessaires à une utilisation confortable.

Les osmoseurs déminéralisent l'eau presque totalement, à quatre-vingts-dix-sept pour cent, m'a-t-on précisé. Un problème qui reste négligeable, vu la charge minérale des fruits et légumes, des plats préparés et de l'eau du robinet consommée ailleurs. Nous serions tous plutôt saturés en sels divers, d'où l'hypertension. Utiliser un osmoseur ne peut qu'améliorer notre santé à tous. Toutefois, si l'on mange les produits de son potager bio arrosé à l'eau de pluie et que l'on ne boit et cuit qu'à l'eau osmosée, des carences minérales peuvent survenir avec des conséquences parfois malignes, voire létales sur des personnes fragiles ou faisant un régime. Par contre, l'osmose redonne à l'eau du robinet des qualités de vitalisme que les traitements lui ont fait perdre. Une forte résistivité, en particulier, est totalement retrouvée.

Un osmoseur coûte dans les deux cents euros, mais il évite l'achat d'eau en bouteilles et s'amortit donc rapidement. Il reste le plus efficace contre toutes les pollutions et, avec un bon équipement, son usage n'est pas contraignant.
 

d. Des tuyauteries de qualité

Il ne suffit pas que l'eau soit bien traitée. Les canalisations elles-mêmes libèrent des métaux lourds ou des traces de substances toxiques incluses dans leur composition. Par leur composition chimique même, certains tuyaux polluent donc l'eau qu'ils transportent et le choix de bonnes canalisations est un atout pour disposer réellement d'une eau de qualité.

Les anciennes canalisations étaient souvent en plomb, facile à travailler. Dans les pays où elles sont interdites depuis longtemps, il reste malgré tout de grandes quantités de canalisations vétustes en plomb. C'est un métal très toxique, même à dose infime, et la première chose à faire dans une maison équipée de tuyauteries en plomb est de les démonter et de les remplacer au plus tôt. On peut les déceler par leur couleur gris argent et en les tapotant : leur son est mat et sourd. De plus, elles ne comportent pas de coudes rajoutés, les tuyaux étant coudés à chaud. Les canalisations en amiante-ciment ne sont plus employées non plus car elles laissent des fibres se détacher et on y relève des millions de fibres par litre d'eau, soupçonnées de provoquer des cancers.
Les tuyauteries en cuivre sont financièrement accessibles mais elles perdent des ions métal nocifs, en particulier lorsque de l'eau tiède stagne dans les tuyaux, ce qui est le cas quand un robinet est éloigné du chauffe-eau. Les bébés peuvent en souffrir car ils ne savent pas encore éliminer le cuivre par la bile. Il vaut donc mieux, le matin, utiliser les premiers litres d'eau pour laver quelque chose que pour préparer un biberon ou un café. Les tuyaux de cuivre ne doivent pas être soudés avec un produit à base de plomb car des phénomènes d'électrolyse peuvent corroder les soudures et dégager des quantités non négligeables de plomb.
Ces problèmes d'électrolyse apparaissent dès que des métaux différents se côtoient. Les soudures sont principalement responsables de ces phénomènes de corrosion par électrolyse. Le contact de l'acier galvanisé et du cuivre favorise le dégagement de zinc ou de cadmium, par exemple. Pour le montage d'un cumulus, il est recommandé d'utiliser des manchons diélectriques entre le tuyau de cuivre de la canalisation et l'appareil. Ce sont des raccords simples qui relient les canalisations en les empêchant de se toucher directement.

On peut souhaiter éviter ces problèmes de corrosion des métaux lourds en utilisant des tuyaux de matières synthétiques. Ceux en polyéthylène sont assez intéressants du point de vue sanitaire, et surtout au plan écologique parce qu'issus du recyclage. Hélas, ils ne sont pas très résistants et supportent mal la chaleur et de fortes pressions. Enfin, tout dépend. Le polyéthylène normal, tuyaux noirs rayés de jaune, permet l'adduction d'eau froide sans difficulté. Plus solide, le polyéthylène réticulé, bleu clair ou rose, permet des canalisations fiables, résistantes à la chaleur, mais qui n'aiment pas la lumière du soleil et devront donc en être protégées. Les tuyaux de polyéthylène réticulé sont employés dans l'installation des chauffages à eau chaude par le sol et ce sont les parties découvertes et exposées à la lumière qui se détériorent le plus vite.

Les canalisations de pvc, elles, sont économiques à première vue et faciles à mettre en œuvre, mais nous avons vu que la présence de traces de chlorure de vinyle est néfaste à la santé, une installation d'osmose inverse pouvant, il est vrai, corriger ce défaut. Les tuyaux de pvc sont fabriqués par la pétrochimie et ont un mauvais bilan écologique. Leur consommation en énergie grise est de vingt-six mille six cents kilowatts-heure par mètre cube, huit fois plus que pour le grès qui n'en consomme que trois mille deux cent cinquante. Leur élimination pose également des problèmes et leur fiabilité n'est pas formidable : le pvc devient friable avec le gel et son étanchéité commence à se dégrader au bout d'une trentaine d'années en terre, une dizaine seulement au soleil.

Les canalisations d'amenée d'eau les plus sûres sont en grès, en terre cuite ou bien en acier inoxydable avec embouts vissés. Il n'y a guère que leur prix qui fasse hésiter mais, en matière d'eau, on peut vouloir une qualité maximale. La famille entière est concernée et ceci pour toutes les années passées dans la maison. Il s'agit donc d'une précaution de base pour un habitat réellement sain.
 
 

e. Éviter les risques infectieux

Attention aux infections possibles dans votre installation de plomberie. Des pollutions microbiennes peuvent se produire lorsqu'un contact se fait entre les circuits d'évacuation et d'adduction, et elles provoquent des gastro-entérites ou diverses indispositions. On prendra donc soin d'enterrer les canalisations d'une habitation en plaçant toujours les tuyaux d'évacuation au-dessous de ceux d'alimentation. En cas de problème, les eaux sales fuiront en terre sans que les tuyaux d'adduction ne baignent dans cette crasse malsaine. La tranchée des lignes électriques, elle, devra être creusée à l'écart des canalisations d'eau pour éviter tout danger électrique, des pertes ou même des inductions électromagnétiques perturbant la physique de l'eau.

Il est également recommandé de prendre garde à ne pas laisser tremper la pomme de la douche dans un seau d'eau salie ou dans la baignoire. De même l'extrémité du tuyau d'arrosage du jardin ne devra pas traîner n'importe où. Car il arrive qu'une dépression dans le circuit d'alimentation de l'eau provoque une aspiration. Des liquides sales peuvent rentrer dans l'installation et ressortir au robinet où l'on se sert à boire. De plus, des bactéries vont pénétrer dans la pomme de douche, le robinet ou les tuyaux et elles trouveront là, spécialement si le réseau est entartré, de quoi se nourrir et proliférer très rapidement, même dans le sens inverse du flux, vrai de vrai. Les reflux accidentels de l'eau de distribution surviennent surtout en ville, dans les immeubles, mais ils peuvent se produire n'importe où, lorsqu'une grande quantité d'eau est pompée pour un incendie, le lavage des rues, l'arrosage, le remplissage de piscines ou de cuves, ou lors de réparations de canalisations, arrêts techniques de la distribution, pannes de pompage, etc. On peut installer un clapet anti-retour sur son installation domestique, mais cette précaution relève du perfectionnisme, le risque d'accident étant faible, si l'on prend soin de bien construire les deux circuits aquatiques de la maison.
La célèbre légionellose provient d'une prolifération de la légionelle, une bactérie qui aime l'eau chaude. Elle n'est pas présente dans l'eau de distribution mais peut se développer dans nos tuyauteries et contaminer par inhalation autant que par contact. Des gouttelettes d'eau infectées par la légionelle peuvent être respirées et rendre malade. Elles proviennent souvent des climatiseurs mal entretenus ou de la vapeur d'eau sous la douche. L'installation, juste avant le robinet, de filtres spécialisés comme les filtres en céramique et charbon actif associés, donnent une eau pure pour la toilette, sans risque microbien ni toxine.
 

f. Pour bien boire l'eau

La laisser couler jusqu'à ce qu'elle soit fraîche avant de la boire. La conserver au réfrigérateur. La protéger dans une bouteille fermée ou en mettant un bouchon sur la carafe. Laver la carafe à chaque utilisation. Nettoyer régulièrement les récipients avec de l'eau vinaigrée et du sel et bien rincer. Changer régulièrement les glaçons. Ne pas utiliser l'eau chaude du robinet pour préparer le thé ou le café instantané, mais faire chauffer de l'eau froide.

 
 
 
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