Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Qualité de l'air
4) Améliorer l'air intérieur

Greenpeace vient de lancer une campagne d'analyse de la toxicité de dizaines de logements un peu partout dans le monde, ceux des personnalités faisant l'objet d'une couverture médiatique fort opportune. C'est ainsi qu'à la mi-mai 2003, Noël Mamère et Fanny Cotillard ont reçu France-Inter et les militants de Greenpeace avec leurs aspirateurs et leurs pochettes étanches. Des échantillons de poussières ont été prélevés pour être analysés dans un laboratoire anglais. Greenpeace souhaite ainsi démontrer que les pollutions les plus dangereuses ne viennent pas plus de l'environnement extérieur que de nos habitations elles-mêmes et que l'étanchéité des bâtiments préconisée par les radicalistes de l'économie d'énergie et les fabricants de joints ou d'isolants a ses revers aux graves conséquences sur la santé des populations.

Les causes de pollution intérieure des bâtiments sont presque toujours favorisées par l'humidité. Mais ouvrir la fenêtre pour aérer et pour évacuer les pollutions internes n'est pas une solution car on laisse alors pénétrer celles venues de l'extérieur, plomb, dioxyde de soufre, etc. L'air dont nous avons besoin devrait pourtant se renouveler le plus possible mais la politique d'isolation et d'économies d'énergie a poussé les constructeurs a étanchéifier les habitations au maximum. De plus, le moindre courant d'air accentue l'impression de froid. Dès que l'air circule à quelques mètres secondes, il disperse l'enveloppe tiède que nous gardons autour de nous, particulièrement dans nos vêtements. Il y a donc déperdition de chaleur et sensation de froid.

Comment faire, alors ? Et bien c'est très simple. Laisser l'air passer autant que possible, sans faire de courants d'air. À partir de ce principe, on comprend aisément que les maisons étanches en béton et équipées d'aérateurs sont contraires au bon sens. L'idéal serait de concevoir une maison très respirante et aisément contrôlable au niveau de ses entrées d'air. Il faudrait l'imaginer comme un filtre, avec des couches apportant chacune des qualités épuratives, filtration des particules, fixation des gaz par carbonatation ou autre, régulation de l'humidité, ionisation, etc. En partant de l'extérieur, une couche de protection contre la pluie laissant l'air circuler librement, un bardage de bois sur des tasseaux en quinconce, par exemple. Puis, une isolation externe aérée, comme de la ouate de cellulose en panneaux, protégée par des panneaux de fibres de bois. Puis un matériau très poreux, respirant et isolant : un béton très léger de chaux et de paille ou chènevotte. Il isole thermiquement, forme une barrière dure avec l'extérieur, mais ses caractéristiques en font une passoire fine. Enfin, un bon enduit de torchis fin, terre et paille, pour l'isolation phonique et ses qualités bactéricides et épuratives de l'air intérieur. Ce type de mur n'est pas à proprement parler étanche, ce qui lui permettra donc de respirer, d'évacuer l'humidité, et donc de garder la maison au chaud avec des caractéristiques isolantes stables en toutes circonstances.

Ceci dit, des murs respirants qui laisseraient suffisamment d'air entrer pour se passer de toute aération semblent difficiles à mettre au point. Une solution consisterait à créer seulement quelques pans de murs aérés, avec possibilité de les occulter pendant les périodes de froid. Ou d'installer dans chaque pièce une ouverture filtrée vers l'extérieur. Bien fait, un système adéquat permettrait un renouvellement optimal de l'air durant l'hiver et de dormir à l'abri des mouches et moustiques durant l'été. Souhaitons que des concepteurs expérimentent de tels procédés, capables de nous mettre à l'abri des microparticules, des solvants, des fibres et de toutes les pollutions de l'air extérieur, et qui nous éviteraient d'acheter de l'air en bonbonne. Des systèmes filtrants, simples et économiques, inclus dans le bâti et fonctionnant sans énergie, et non pas des installations coûteuses et sophistiquées comme celles vendues pour les abris antinucléaires.

À ce propos, en cas d'explosion d'usine, d'une centrale nucléaire ou d'un train de produits chimiques, sans parler d'une guerre avec la Corée du Nord en attendant celle avec la Chine, une pollution mortelle de l'air nécessite d'inverser la ventilation existante, le cas échéant. En effet, les extracteurs créent une dépression dans les bâtiments qui aspire l'air extérieur pollué, par des interstices comme à l'ouverture des portes. À l'inverse, si l'on aspire de l'air extérieur avec un système filtrant efficace, on provoque une surpression dans l'habitation qui empêchera l'air de rentrer sauvagement par-ci ou par-là. Tout ceci, bien entendu, si l'habitation est trop étanche.

Les murs en terre argileuse crue, comme je l'ai déjà dit, ont des qualités bactéricides. Ils absorbent efficacement les odeurs et régulent parfaitement l'humidité intérieure des pièces d'habitation. Le bois aussi peut contribuer à l'assainissement de l'air. Le cèdre, par exemple, est une essence très employée au Maroc pour faire des armoires ou des garde-manger autodésinfectants. Une maison en bois sur pilotis profite d'un air sec, qu'il est facile d'améliorer si besoin avec la présence de plantes d'intérieur.

 

 
 
 

 
 
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