Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Qualité de l'air
2) Les risques de l'air intérieur
 
L'air que nous respirons est déjà empoisonné et la situation empire chaque jour. On trouve même des fibres de laine de verre dans l'air des plus hauts sommets alpins et l'affaire de l'amiante a démontré combien, à l'intérieur des bâtiments, nous n'étions pas à l'abri des pollutions aériennes. Rendre une habitation étanche n'est pas une solution car notre présence et nos activités à l'intérieur vicient l'air et nous mourions très vite dans un espace hermétiquement clos. Car, selon les scientifiques, ce sont près de deux cents molécules chimiques détectées à l'intérieur des bâtiments dont les effets devraient être étudiés. Cette pollution intérieure est aggravée par la politique d'isolation en vigueur depuis les premiers chocs pétroliers.

La cuisson des aliments avec des appareils à gaz, par exemple, provoque l'élévation du taux de plusieurs gaz nocifs dans l'air de la pièce, sans parler des fumées fréquentes. Des enquêtes épidémiologiques ont montré l'apparition de maladies spécifiques chez les utilisateurs de cuisinières à gaz. Chez les enfants de moins de deux ans, ce risque est suffisant pour recommander aux jeunes parents d'éloigner leurs petits de la cuisine lors de la préparation des repas, à moins que la pièce ne soit équipée d'une ventilation. De même et encore plus, lors du nettoyage d'un four qui donne lieu à des émanations très néfastes.

Les appareils de chauffage ou de chauffe-eau à gaz mal installés ou vétustes provoquent l'intoxication aiguë de cinq mille personnes par an et le décès d'environ deux cents. C'est la première cause d'hospitalisation pour intoxication. Le dioxyde et le monoxyde de carbone sont donc très dangereux et les installations fonctionnant mal, qu'elles soient raccordées à l'extérieur ou non, sont à l'origine des pires accidents domestiques.

Les produits domestiques d'entretien, de lavage, de désinfection, de désodorisation, de lutte contre les insectes ou autres, diffusent dans l'air de nos habitations des micro-gouttelettes actives qui pénètrent les poumons. À dire vrai, en dehors de la lavande, de la citronnelle ou de quelques essences naturelles, tout ce qui sent fort peut être suspecté. Soyons donc toujours attentifs aux alarmes de nos sens. Ces produits sont d'ailleurs à mettre hors de portée des jeunes enfants pour lesquels l'absorption de tels produits est la première cause d'intoxication.

Les travaux de bricolage sont la deuxième cause d'hospitalisation pour intoxication car nombre des produits utilisés contiennent des produits d'origine industrielle particulièrement virulents. Les hospitalisations font généralement suite à des expositions à de fortes doses ponctuelles. Ce sont surtout les solvants de peinture, de vernis, de gels ou de colles qui sont en cause. Ils se répandent dans l'atmosphère et les travaux de bricolage dans une pièce aux fenêtres fermées sont réellement à proscrire. Hydrocarbures benzéniques, toluène et autres formaldéhyde, produits de protection divers et variés, produits pétrochimiques ou chlorés, toutes ces nouveautés forment une artillerie lourde, une panoplie d'armes chimiques aux toxicités capables de provoquer des malaises et/ou pathologies chroniques dégénérant parfois en cancer, immunodépression, leucémie, perte de capacité cérébrale, etc.

Il nous faut mettre en garde ici contre l'utilisation de produits ou techniques normalement réservés aux professionnels, dans les conditions de protection et de sécurité de leurs professions, et que les bricoleurs emploient chez eux sans en connaître les conséquences. Prenons le cas des peintures. Leur application au pistolet sans les précautions des professionnels présente des risques importants. Elles contiennent généralement des pigments fabriqués à partir d'oxydes et de métaux toxiques. Le danger de leur application au pinceau reste la présence de solvants, mais l'utilisation de pistolets ou d'aérosols est fortement déconseillée car elle représente un risque majeur d'empoisonnement par inhalation des micro-gouttelettes produites par ces appareils. N'utilisons donc jamais de peintures en bombe. C'est pratique mais malsain et, de plus, coûteux. Les peintures en question sont de mauvaise qualité et les résultats obtenus sont piteux, n'ayant rien à voir avec la beauté d'une peinture à la caséine par exemple.
Heureusement, des boutiques spécialisées distribuent des matériaux naturels sans danger. Peintures à la chaux, à la caséine, au latex ou à la chaux, isolants bio, vernis, colles, ocres ou pigments d'origine naturelle, tous ces produits et matériaux ne présentent aucun risque toxique et sont d'ailleurs agréables à toucher et à renifler. Rien à voir avec le bricolage moderne avec ses produits industriels et pétrochimiques.
Le décapage des peintures, lui, volatilise des métaux lourds qui peuvent être inhalés. De même pour la soudure qui dégage toujours des vapeurs et des fumées contenant des particules des métaux utilisés ou des composés chimiques métalliques gazeux.

Comme nous en avons déjà parlé, les matériaux et matériels employés pour l'édification de bâtiments sont parfois à l'origine de pollutions intérieures très importantes. Les vernis, revêtements plastifiés, peintures synthétiques et même certains ciments, blocs de construction ou parements de murs contiennent des produits chimiques indésirables qui s'évaporent dans les pièces. Quelquefois, ces émanations toxiques durent longtemps. Des moquettes, des linos, de gros objets de plastique peuvent diffuser les solvants qu'ils contiennent pendant des années. Ils sèchent à notre détriment. Les bois agglomérés par des colles urée-formol, ceux des meubles d'une cuisine chaude et humide tout spécialement, dégagent du formaldéhyde dont se sont plaints les habitants de maisons construites avec ces panneaux, en Allemagne et aux Pays-Bas. Ce produit irritant et stérilisant, probablement cancérigène et mutagène, est également présent dans les mousses de rembourrage ou d'isolation, dites "urée-formol".

Au niveau des isolants, nous savons que la dispersion de fibres minérales dans les locaux fermés est à l'origine de cancers de la plèvre et d'affections pulmonaires diverses. Il reste encore de l'amiante dans de nombreux bâtiments actuels et le scandale que cette fibre a déclenché sera probablement rejoué un jour avec la laine de verre.

Les produits modernes pour le traitement du bois sont connus depuis longtemps pour leur toxicité avérée. Des cas mortels d'intoxication ont été constatés ainsi que des problèmes sanitaires chroniques chez des familles exposées à ces produits. C'est en Allemagne que les campagnes pour ne plus traiter le bois avec des PCP ou de l'hexachlorophène, encore du chlore dans ces trucs-là, ou avec du lindane, ont été les plus importantes et efficaces. L'alerte a porté ses fruits et le public sait aujourd'hui qu'un bois traité est dangereux pour la santé. Durant très longtemps, les produits de traitement sont inhalés avec les poussières que le bois émet en séchant. Aussi réservera-t-on les traitements chimiques à cœur aux quelques pièces de bois qui en ont besoin, celles en contact avec le sol seulement, et préférera-t-on l'usage d'essences de bois qui résistent seules aux intempéries, comme le mélèze, l'acacia, le cèdre rouge, le douglas, le bon pin du Nord, etc. Nous avons aussi expliqué qu'il existe du bois rétifié, très adapté à la construction, voir au chapitre "E - Les matériaux de construction, Le bois" de "J'attends une maison". Attention, les produits qui contiennent moins de cinq pour cent de PCP ne sont pas tenus d'indiquer sa présence sur leur étiquette. Dans le cas de bois traités avec des PCP ou d'autres produits toxiques, il est nécessaire de conserver une certaine humidité ambiante pour éviter leur dessèchement trop rapide qui entraîne la production de nombreuses poussières. Dans tous les cas, ces dernières devront être fréquemment aspirées et la pièce aérée. Quel paradoxe ! Le bois traité a besoin d'humidité pour conserver son traitement, tandis que l'humidité est la première responsable de la dégradation du bois de construction.

Contre les moisissures, une simple application de sel de bore suffit généralement et ne présente pas de danger, mais il ne faut pas se contenter de ce traitement pour les pièces importantes ou exposées de la construction. Les moyens de protection contre les parasites feront appel à des produits et méthodes douces.

Autre danger aérien domestique : le radon, un gaz radioactif plus lourd que l'air qui émane du sol et se concentre dans les habitations, les sous-sols, les endroits confinés pour pénètrer ensuite dans les poumons. Parfois le radon provient de l'eau domestique ou des matériaux de constuction. Le radon existe plus ou moins partout dans le monde puisqu'il s'échappe de toutes les roches de la croûte terrestre. Dans les régions aux sols granitiques, les massifs armoricains ou centraux, par exemple, le radon sorti de terre induit une augmentation préoccupante des cancers et des leucémies, et les autorités reconnaissent aujourd'hui l'importance de cette pollution naturelle. Le radon, descendant de l'uranium naturel, peut également se concentrer sur des sols imperméables qui conservent en surface des eaux radioactives, dans les régions argileuses par exemple. Il connaît des pointes dans certains endroits comme le Lauragais, le Forez, la Vendée. Il est maintenant reconnu comme l'un des premiers facteurs de cancers pulmonaires. La politique d'isolation des bâtiments confine le radon qui atteint des concentrations trop élevées. Étanchéifier le sous-sol ou la chape d'une résidence pour empêcher la pénétration de radon est une opération difficile et coûteuse et, si le sol d'une région est riche en radon, il y a fort à parier que l'eau du robinet le soit aussi. Problème, problème…
Construire avec du granit augmente l'exposition au radon mais des matériaux de construction très ordinaires en comportent. Les plaques ou panneaux de plâtre fabriqués avec du phosphogypse, certains bétons ou ciments contenant des silicates de calcium ou des schistes radioactifs, certaines briques rouges à l'alumine de bauxite, et d'autres produits encore occasionnent des élévations de radon pouvant atteindre trente pour cent.

Des contaminants biologiques sont toujours présents dans les habitations, en particulier les inévitables bactéries et certains microbes qui survivent longtemps dans l'air, de quelques jours à quelques mois parfois. Ils peuvent proliférer et être à la source de bronchites, toux, fièvres et autres maladies. Les déjections d'acariens font partie des contaminants biologiques et provoquent des asthmes et allergies. Quant aux champignons et aux moisissures, ils apparaissent dans les coins humides et froids. Par leurs spores ou leurs filaments, ils se disséminent dans l'air et sont respirés, entraînant des affections allant de la toux jusqu'à la mort, selon le cas, en particulier pour les personnes sous certains traitements médicamenteux. Les moisissures et champignons sont souvent nichés dans les faux-plafonds, les endroits inaccessibles rarement nettoyés ou bien dans les pots de plantes intérieures. Les travaux de démolition, d'excavation ou de réparation dans une maison ancienne multiplient considérablement les risques de contamination biologique, d'où le port du masque obligatoire.

La présence d'animaux domestiques peut poser des problèmes sanitaires. Les chats particulièrement devraient être mouillés à l'eau au moins une fois par semaine pour freiner la production de l'allergène de leurs poils. Ces derniers se fixent dans les moquettes avec une étonnante insistance et ne s'évacuent pas facilement. La présence des chats dans les foyers et leur nombre, huit millions en France, en font une des causes les plus ordinaires de consultation chez les pneumologues et allergologues. Mais il y a aussi les chiens, les lapins, les cochons d'Inde, les chevaux, les souris, les hamsters qui participent à la dégradation de l'hygiène…

Le chauffage par convecteurs électriques génère d'importants mouvements de l'air dans les pièces, que l'on nomme justement mouvements de convection. Nous avons vu aux pages Chauffage que cet inconvénient concerne l'efficacité du chauffage lui-même mais ici, il s'agit de souligner que les mouvements aériens internes aux pièces dispersent les aérocontaminants et soulèvent les saletés qui traînent à nos pieds pour les mettre à portée de nez. Les chauffages par rayonnement évitent cet inconvénient.

Les moquettes, outre qu'elles relâchent longtemps des solvants toxiques, posent un problème d'hygiène plus général. Les poils de moquette font des abris aux acariens, stockent les poussières les plus sales et le lavage à l'eau et au désinfectant léger n'est pas possible. Les parquets non traités et cirés, de bois ou de liège sont beaucoup plus sains, et participent même à l'assainissement général d'un logement grâce à la cire ou même à l'essence d'arbre utilisée.

Les climatiseurs d'air ne doivent être employés que par nécessité car, mal installés ou mal entretenus, ils peuvent contaminer l'air à tous les stades de leur fonctionnement et sont à l'origine de problèmes épidémiques connus. Les saunas, bains bouillants et jacuzzis sont également très favorables à l'aérocontamination microbienne, à cause de la vapeur d'eau qu'ils favorisent, par laquelle les bactéries se développent vite et entrent facilement dans les poumons. N'oublions pas la contamination aérienne par les vide-ordures, souvent incriminés dans diverses maladies.

Il faut rajouter à toutes les pollutions de l'air énumérées ci-dessus celles dues aux fumées de tabac qui constituent la principale cause de problèmes de santé d'origine aérienne. La fumée de tabac contient une quantité incroyable de produits dangereux et la récente campagne de sensibilisation qui y faisait allusion a informé la population des dangers de la cigarette pour soi comme pour les enfants et personnes âgées. Le tabagisme passif est responsable d'un tiers de la totalité des affections dues à la fumée de cigarettes. Celle-ci recèle trois mille huit cents composés différents, dont quarante-trois produits cancérigènes, transportés par dix milliards de particules oxydantes par bouffée. Benzène, cadmium, polonium radioactif, arsenic, nitrosamines, dioxines, pcdd, formaldéhyde, produits phytosanitaires comme ddt, aldrine et chlorane, voilà une toute petite partie des poisons que nous fumons à pleins poumons… Je fume, tu fumes, il fume… nous fûmes. Anyway, if you must smoke, do not exhale !!

Les activités de bureau sont à l'origine de différentes pollutions aériennes très inquiétantes. Sans cesse en augmentation, ces dernières provoquent des malaises fréquents et deviennent souvent gravement pathogènes. La photocopie, le blanc correcteur, les papiers autocopiants, autant de sources de produits toxiques inhalables, sans parler des risques pouvant survenir avec des appareils d'aération ou de climatisation mal entretenus.

Il faut souligner enfin le danger que représente la vie dans une caravane, un camping-car ou un mobil-home. En effet, ces abris mobiles cumulent les dangers des mousses, des revêtements, des bois agglomérés et de la forte proportion de formaldéhyde dans le liquide des toilettes chimiques. Malgré la vie en plein-air, la plupart des pollutions aériennes toxiques y sont…

 


 
 
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