Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Qualité de l'air
1) La pollution atmosphérique

En l'an 2000, la moitié de la population mondiale vit en ville et, à la fin de ce siècle, ce pourcentage pourrait atteindre quatre-vingts pour cent. On compte actuellement un million de nouveaux citadins chaque semaine... De telles concentrations humaines dégradent la qualité de l'air, que ce soit par les activités industrielles, la circulation automobile, le chauffage des bâtiments ou les contaminations microbiennes. Selon les docteurs Déoux, chaque citadin absorbe quotidiennement plus de dix milliards de particules étrangères de natures diverses qui, selon leurs caractéristiques physico-chimiques et leur taille, auront un impact différent sur l'arbre respiratoire. Notre ministère de la Santé a annoncé en octobre 2005 que la pollution aérienne provoquait seize morts par jour en France.

L'utilisation d'hydrocarbures pour les moteurs à explosion et de solvants chimiques pour toutes sortes de produits industriels ou domestiques provoquent leur évaporation et leur inhalation. Ils pénètrent loin dans nos poumons et représentent, par ailleurs, un danger chimique pour l'atmosphère. Gaz ou solvants, ils connaissent des transformations en se combinant et/ou sous l'action du rayonnement solaire, pour devenir des polluants plus dangereux encore. Ainsi, les chlorofluorocarbures, les CFC, ont-ils été abandonnés, en particulier comme gaz de propulsion, à cause de leur nocivité sur la couche d'ozone supérieure, issue de transformations chimiques et photochimiques dues à des conditions de température particulières en haute altitude. Ah, le chlore !

Les trois grandes origines de la pollution atmosphérique sont la combustion, l'évaporation et la photochimie sous forme de gaz, particules et fibres. Les gaz issus de la combustion carbonée, principalement dus au transport automobile, au chauffage, à l'incinération de nos déchets et au tabagisme, sont généralement accompagnés de métaux lourds volatilisés. Nous lisons dans les pages sur l'eau de "J'attends une maison", que la contamination par le plomb venait autant de l'ingestion par l'eau que de l'inhalation des gaz d'échappement.

Le dioxyde de carbone et le monoxyde de carbone sont tous deux issus de l'usage de carburants que ce soit pour le chauffage, l'industrie ou les voitures. Le second, inodore et invisible, est dangereux pour l'hémoglobine et peut tuer, comme cela arrive chaque hiver dans ces accidents domestiques récurrents venus de vieux poêles usés ou mal installés. Sinon, la nocivité du monoxyde de carbone n'est pas immédiate, puisque l'automobile en est le premier émetteur et que bien des professionnels de la route supportent longtemps des dosages exceptionnels par rapport au reste de la population. Pourtant, les taxis, douaniers, agents de police ou caissières d'autoroute présentent parfois des symptômes comme des maux de tête, nausées et vertiges, insuffisamment caractérisés pour définir une toxicité précise.

Tout le monde le sait, l'automobile est responsable de quantité de méfaits et ce ne sont pas les pastilles vertes de Corinne Lepage pour la circulation alternée qui y changeront grand-chose. Les mesures prises pour réduire la pollution automobile sont un cautère sur une jambe de bois. Elles sont quasi inapplicables et les résultats que l'on en espère n'empêcheront pas les pics dangereux d'oxyde d'azote, cet aérocontaminant oxydant déclencheur d'asthme et d'infections pulmonaires. Comme l'ozone et le dioxyde de soufre, ce gaz oxydant se concentre lors des inversions thermiques sous l'effet du soleil, et il est quand même terrible de penser que de telles craintes puissent survenir quand il fait beau. Rien n'est plus agaçant, en plus, d'entendre la journaliste de service nous expliquer que ce phénomène est dû à l'ensoleillement alors qu'il vient de l'automobile. Avant l'invasion des moteurs à pétrole, jamais aucun beau temps n'avait provoqué de pollution. On se demande vraiment comment nos chers journalistes trouvent le culot de proférer de telles pseudo-informations.

Le dioxyde de soufre est issu de la combustion d'impuretés des carburants et la chaîne pétrolière, de l'extraction à l'utilisation dans les moteurs, représente la moitié de ses émissions mondiales. L'autre moitié provient des cheminées industrielles, des centrales électriques au fioul et du chauffage des bâtiments. Ce gaz a montré sa dangerosité lors d'accidents bien connus, en Angleterre ou au Japon, et il a provoqué des hausses des taux de mortalité par pneumopathies, bronchites ou asthme. De nombreuses études, sur des enfants en particulier pour bien exclure les conséquences du tabagisme, démontrent l'impact à long terme de cet aéropolluant. Heureusement, l'obligation à la désulfuration des fumées a occasionné une baisse significative de la pollution au dioxyde de soufre, cinquante pour cent à Lyon en dix ans, par exemple. C'est tant mieux car ce gaz subit des modifications chimiques, puis, dissous dans de l'eau, devient l'acide sulfurique, le violent vitriol. Il provoque les fameuses pluies acides qui posent tant de problèmes aux forêts et lacs de notre hémisphère Nord. Il provoquait, devrait-on préciser, car aujourd'hui ces lacs et forêts semblent se porter un peu mieux. Un signe encourageant : à Paris, les lichens, très sensibles au dioxyde de soufre, avaient disparu depuis 1896, mais réapparaissent actuellement. On pourra toujours juger soi-même de la baisse des pluies acides en évaluant la dégradation des statues et bâtiments en pierre. Jusqu'ici, ils fondaient littéralement et leur avenir ne tient encore qu'à un fil. Leur sauvegarde définitive proviendra de la pureté de notre air. Toutefois, malgré les progrès actuels, la présence de dioxyde de soufre dans l'atmosphère connaît encore des pics, spécialement l'hiver, à cause du chauffage. Et l'acidification généralisée des eaux de ruissellement corrode, abîme et dissout des métaux lourds qui, du coup, polluent à leur tour. Ainsi, le taux d'aluminium dans les rivières s'élève. Pluies acides ou acidification lente, le résultat est aussi néfaste à terme et les graves pollutions ponctuelles que nous avons connues préfigurent ce que devient lentement mais globalement notre environnement.

Le dioxyde de soufre est un oxydant qui, comme l'ozone et avec lui, lors des étés très ensoleillés et calmes, provoque un smog photochimique irritant, très nocif pour la santé humaine. Toutes les villes du monde souffrent du soufre et de l'ozone, et la fréquence des alertes se resserre de plus en plus. Des études ont montré que la consommation accrue de vitamine E, légumes, fruits, est la meilleure lutte contre les effets des radicaux libres produits par ces molécules oxydantes. Si l'on vit en ville, les légumes sont donc d'autant plus importants.

Le benzène est, lui aussi, principalement issu des gaz d'échappement automobiles. Les moteurs diesel produisent notablement moins de benzène que les moteurs à essence. Les produits benzéniques sont potentiellement cancérigènes. Cet hydrocarbure attaque la moelle épinière et de nombreux cas d'anémies, puis de leucémies, lui ont été imputés.


Des fumées et des particules de toutes sortes voltigent dans l'air que nous respirons. La gomme des pneus de voitures par exemple, se disperse dans l'air des villes. Les docteurs Suzanne et Pierre Déoux citent une étude qui estime que, dans une ville de deux millions d'habitants, l'usure des semelles de chaussures représente une tonne et demie de particules rejetées quotidiennement. Auxquelles il faut rajouter toutes les autres particules d'usure et l'on se souvient que celles des plaquettes de freins contenaient encore de l'amiante il y a dix ans. Les moteurs diesel rejettent des fines particules de carburant mal brûlé et, même si de vrais progrès ont été faits en ce domaine, la quantité globale de ces particules d'échappement reste préoccupante.

Décidément, il n'y a pas un seul des aérocontaminants inquiétants qui ne fasse partie de la panoplie polluante de l'automobile à moteur à explosion. Et si l'on rajoute le reste de la pétrochimie, on couvre la quasi-totalité des toxiques existants. Dans la mesure où les polluants automobiles sont diffusés au ras du sol, il faut condamner l'usage des poussettes-cannes qui mettent les petits enfants aux poumons fragiles à la hauteur des dangers, le nez dans la crasse.

Rappelons ici que le gaz de pétrole liquéfié, le GPL, qui n'est certes pas la panacée écologique, est quand même un carburant bien moins dangereux que l'essence ou le diesel, puisqu'il ne disperse aucun métal, aucune particule, ni dioxyde de soufre et qu'il réduit les émissions d'oxyde de carbone d'un facteur cinq. Demain, la voiture avec pile à combustible, c'est-à-dire à hydrogène, ne rejettera en principe que de la vapeur d'eau et devrait résoudre une bonne partie du problème de la pollution atmosphérique. Quant à la voiture électrique, avec son autonomie qui dépasse maintenant les deux cents kilomètres, elle peut constituer une bonne alternative immédiate, si l'électricité qu'elle consomme provient d'une source propre et renouvelable : photovoltaïque, éolien, groupe électrogène Pantone ou autre, tout sauf nucléaire.

 

 
 
 

 
 
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