Editions de La Pierre Verte

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Écomatériaux de construction
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LE CIMENT OU LA CHAUX ?

La fabrication du ciment utilisé habituellement dans les mortiers de construction est une industrie particulièrement polluante. On estime à six pour cent la part de la production mondiale de CO2 attribuée aux cimenteries. C'est beaucoup. Il faut dire que la cuisson à mille et quelques degrés exige du carburant. Les cimenteries brûlent d'ailleurs des vieux pneus, des huiles usagées, des farines animales, ce qui peut être un bien puisqu'il s'agit de recyclage, ou un mal si les fumées et les résidus ne sont pas traités efficacement. On voit parfois dans les pays peu préoccupés d'écologie, des nuages de crasse noire qui s'étirent par temps calme sur des dizaines de kilomètres : des cimenteries tout simplement.

Enfin, les ciments sont souvent mélangés à des additifs chimiques de durcissement ou contre l'humidité, qui en font un produit parfois malsain. Ainsi, la présence de chrome peut provoquer des irritations appelées "gale du maçon". Sans parler des matières radioactives ou même des déchets de combustion nucléaire maintenant autorisés dans les ciments industriels, même si la réglementation française, surveillée par des associations comme la Crii-Rad, ralentit encore un peu ces méfaits. Le seul avantage du ciment est qu'il prend et durcit très vite, même sous l'eau, et qu'il permet donc le coulage rapide de murs, piliers et autres éléments en béton, immédiatement opérationnels.

Le ciment a le défaut et la qualité de permettre, avec des additifs, la fabrication de mortiers étanches à l'eau. Cela peut être intéressant pour la construction d'un toit-terrasse, par exemple, de fondations profondes ou bien d'une piscine. Mais, pour une maison cela peut aussi s'avérer très négatif car les murs ont tout intérêt à rester respirants. Le ciment devrait être banni en restauration et dans ces innombrables rénovations faites par des personnes mal informées, dont un certain nombre de maçons d'ailleurs. Il ne devrait être employé que dans la mise en œuvre de matériaux eux-mêmes en ciment : parpaings, carrelage...
 
On s'imagine qu'un vieux mur a besoin d'être crépi de ciment pour résister aux intempéries mais on a tort. En effet, les murs souffrent bien plus de l'humidité qui remonte constamment par capillarité en saison humide que d'une averse violente suivie de soleil. Recouvrir un mur de ciment, c'est ignorer totalement les mécanismes physiques qui président à son comportement à l'eau. Le mur ne peut pas s'assécher ce qui entraîne l'apparition de salpêtre, de mousses microscopiques, d'auréoles, et de coulures. De plus l'humidité génère des sels minéraux qui, même quand l'eau redescend l'été, le détériorent en permanence, le rongent de l'intérieur. Plus le mur est étanche, plus l'humidité remonte haut dans le mur. Il faut donc qu'un mur puisse respirer à l'aise, qu'il sèche dès la base. Lui conserver cette qualité profite aussi au confort des habitants puisque des murs humides sont toujours froids au contact, au contraire de murs secs. Mais on voit encore chaque jour des maçons occupés à tartiner de vieilles bâtisses de ce ciment qui les étouffe et les pourrit de l'intérieur.
 
Par contre, la chaux à la place du ciment, c'est autre chose. L'humidité des pierres, des murs ou des remontées capillaires, peut s'évacuer par les joints à la chaux qui apportent ainsi une bénéfique respiration des murs. La chaux, aérienne surtout, absorbe une partie du gaz carbonique de notre respiration en même temps que de bonnes quantités de vapeur d'eau. Avec un pH très basique, elle est aussi un puissant antiseptique. Hors d'Occident, on chaule les arbres, les étables, les rues, pour lutter contre les contagions. Tous les mortiers à la chaux apportent bien plus de confort. Le travail de la chaux par l'artisan est moins facile mais le bien-être des habitants est nettement supérieur. Il y a heureusement de plus en plus d'artisan, depuis 10 ans, qui ont retrouvé le chemin de la chaux. Ah la la ! Les changements positifs ne sont jamais suffisamment rapides à se développer. Du mélange végétal isolant jusqu'au mur de pierre le plus solide, la chaux apporte sa dureté mais aussi une certaine souplesse qui lui évite de se fissurer pour un rien, sa formidable stabilité dans le temps,  sa neutralisation des effets des pluies acides et des pollutions atmosphériques diverses, sa capacité d'absorption et sa porosité idéales, son action assainissante, sans parler de son esthétique chaleureuse et irremplaçable, ni de sa douce, très douce luminosité.




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