Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Les bottes ou ballots de paille

En conclusion :

L'aspect final des murs en ballots ou bottes de paille est le plus souvent minéral, donnant une impression d'ancien, une patine naturelle, genre maison médiévale ou traditionnelle de montagne, avec des fenêtres joliment enfoncées. Ceci provient de la grande épaisseur des murs et des enduit de chaux. L'aspect ancien peut être renforcé en mélangeant la chaux à des terres locales, du tuf provenant de couches profondes, par exemple. Les enduits de terre, eux, permettent au bâtiment de s'intégrer harmonieusement à son environnement.
Il est également possible de couvrir les façades extérieures avec du bois et les faces intérieures peuvent recevoir toutes sortes d'habillages, comme le bois (lambris, panneaux osb), le Fermacell, etc.
 
La construction en paille autorise des formes arrondies et il est facile de créer une grande pièce ronde ou des murs en arc de cercle.
 
Parfois, ceux qui vivent dans une telle maison disent que, durant l'été, lorsqu'ils sèchent, les murs dégagent une petite odeur de foin. Peu gênante, c'est une odeur de campagne, naturelle, qui ne constitue pas un inconvénient.
 
La construction en ballots de paille ne demande pas d'investissement. On peut donc décider de faire un mur ou une cloison à chaque fois que l'on a cinq cents euros de côté et construire une habitation peu à peu, sans emprunter à la banque. Indicible avantage… Le tour des murs d'une maison en ballots de paille, hors structure, représente une dépense d'environ mille euros, auxquels il faudra ajouter le coût de l'ossature et des enduits. Dans le numéro 14 du magazine La Maison Écologique, est présentée une petite maison autoconstruite à ossature de bois, aux murs de ballots de paille et aux menuiseries récupérées, dont la totalité du gros-œuvre a coûté trois mille cinq cents euros. Il est clair que ce bâtisseur a fait preuve d'astuce et d'huile de coude.
 
Lorsque l'on fait appel à des artisans, il faut compter un budget semblable à celui d'une maison ordinaire (parpaings et laine de verre, par exemple), car la main d'œuvre représente la plus grande partie du prix. On profitera toutefois des bienfaits d'une maison naturelle, de facture locale, non polluante, parfaitement saine pour ses habitants, respirante et générant des économies de chauffage très substantielles, qui s'accumuleront d'année en année.
 
Ce qui nous mène au plus grand atout de ce matériau, l'isolation. Obtenir une résistance thermique de Rth=6 à un coût aussi bas reste inégalé. Construire en ballots de paille est donc une alternative vraiment intéressante. Les murs sont sains, respirants et super-isolants. En théorie, on estime qu'un mur de bottes de paille isole comme un mur de parpaings garni de vingt-cinq à trente centimètres de laine de verre. Incroyable ! Et, avec un enduit interne de terre de cinq centimètres d'épaisseur qui ajoute l'inertie thermique, c'est tellement plus agréable à vivre, tellement plus sain, pour soi comme pour l'environnement !
 
La mise en œuvre est très aisée et accessible aux autoconstructeurs. Le bilan écologique est excellent. Mais, comme pour toute méthode de construction, il y a des erreurs à éviter et il vaut mieux se former et se préparer avant de lancer l'édification de sa demeure de rêve.
 
Même si on compte beaucoup de personnes intéressées, il peut se montrer difficile de revendre une maison de paille, par agence ou notaire notamment, car elle ne profite pas des garanties habituelles. Par contre, les assurances ne voient plus d'inconvénient à couvrir le risque de telles maisons, la paille n'étant considérée alors que comme un matériau de remplissage. Mais faut-il assurer un bien qui n'a pas de grande valeur vénale ? Un mur de paille abîmé par un dégât des eaux se change en un week-end et ne coûte presque rien. On peut donc se contenter d'une assurance aux tiers, une responsabilité civile et voilà tout. Perdre sa maison, c'est surtout perdre des affaires, des photos, des objets,etc. Dans une maison de paille, comme d'un autre matériau, les indemnisations d'assurance ne compenseront pas les souvenirs perdus. Et le matériau paille ne coûte que le temps pour le mettre en œuvre, alors.
 
Il serait intéressant que la construction en paille bénéficie d'une DTU et de tous les agréments du CSTB. Ces études sont généralement demandées et payées par les fabricants de matériaux et elles coûtent cher, plusieurs dizaines de milliers d'euros. Aucun des promoteurs de la maison en paille, des associations essentiellement, n'a actuellement les moyens de commander de telles études et de tels tests. Il semble bien pourtant qu'une réunion des acteurs de la construction en paille soit prévue en mai 2006, avec précisément le début d'une coordination pour obtenir les agréments. Il s'agirait de réunir les fonds nécessaires en associant toutes les parties prenantes, professionnels et utilisateurs. Les éditions de la Pierre Verte proposent leur aide bénévole pour diffuser l'information de cette action et pour aider à réunir les fonds recherchés, en mettant leurs moyens de communication au service de cette cause. On vous tient au courant.
 
Merci à André de Bouter, de l'association La Maison en Paille (www.lamaisonenpaille.com ), qui a eu la gentillesse de m'adresser un bon paquet de corrections et d'informations nouvelles pour le texte ci-dessus. Sur son papier à lettre figure le proverbe chinois suivant : "Une maison en paille où l'on rit vaut mieux qu'un palais où l'on pleure." Il rajoute : "Pour une maison en paille, l'important est de ne pas construire comme un cochon..."
 
Je n'oublie pas de mentionner le site des compaillons (www.compaillons.fr ) où se retrouvent tous les acteurs et militants de la maison en bottes ou ballots de paille.
 
Je n'oublie pas non plus la jeune entreprise NaturelHome qui propose aux auto-constructeurs la réalisation de kits en bois destinés à recevoir un isolant naturel de forte épaisseur, comme la botte de paille. Les panneaux manuportables qui s'assemblent sur place, ne nécessitent pas d'outillage particulier. Ils sont conçus pour recevoir la paille provenant du paysan local.


 
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