Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Les bottes ou ballots de paille

Les enduits :

Puis, on enduit. Il faut toujours enduire un mur en paille sur ses deux faces car, sinon, le vent passe au travers, lui faisant perdre son fort pouvoir isolant. L'enduit constitue aussi la protection contre le feu ou les rongeurs.
 
La première couche d'accroche est bien liquide : un lait de chaux ou une barbotine (soupe de terre argileuse) que l'on imprègne partout et qui couvre les brins de paille. Elle fait un demi-centimètre à un centimètre d'épaisseur. Certaines personnes placent du grillage sur les bottes pour accrocher l'enduit, une méthode obligatoire aux États-Unis, mais dont on peut deviner les inconvénients électromagnétiques encore une fois. Il faut se souvenir, de toute façon, que la solidité de l'enduit viendra plutôt de la qualité des transitions de couches d'un matériau à l'autre. Cette première couche d'accroche peut être évitée si l'on a plongé ou embouillé les bottes avec le lait de chaux ou la barbotine avant de les mettre en place. C'est plus rapide et mieux imprégné, sauf que les bottes sont nettement plus lourdes à soulever ensuite.
 
Pour l'enduit de chaux, le plus fréquent et le plus adapté aux façades externes, on aura fait la couche d'accroche avec la moitié de chaux aérienne et l'autre moitié de chaux hydraulique pour sa prise rapide, dans une proportion d'un volume de chaux pour trois volumes de sable. Les deux couches suivantes feront un centimètre et demi d'épaisseur chacune, à la chaux aérienne seule. La couche de finition à l'intérieur, avec du sable tamisé, donnera un aspect plus fin au mur terminé.
 
Pour l'enduit de terre, on peut employer des enduits prêts à l'emploi, formulés pour un bon résultat, mais il est possible, et très économique, d'utiliser des terres locales. Si l'architecture du bâtiment est bien adaptée, c'est-à-dire si les murs sont bien protégés des intempéries, il est même possible de l'utiliser pour les façades. La couche de corps, la deuxième, peut être posée tout de suite après celle d'accroche. Souvent, on mélange terre, paille et eau, comme pour un torchis, mais les brins sont plus courts car hachés. La couche de finition sera souvent de terre et sable, un mélange qui ne fissure pas, et donc pas trop argileux. Pour l'intérieur, on peut ajouter des coquilles broyées ou de petites fibres pour créer une esthétique. Il est encore possible de préparer des mélanges terre et chaux, comme le faisaient les anciens. Mais pour cela, il est très important de faire des tests, car la chaux ne réagit pas de la même façon avec toutes les terres.
 
Ces enduits demandent une longue période de séchage, surtout sur un support d'origine végétale. Il n'est pas recommandé de s'installer chez soi aussitôt. Et on aura la prudence de noter ses recettes de mélange, voire de conserver quelques dizaines de kilos de la terre utilisée, pour pouvoir réparer quelques dégâts ultérieurs.

Une recommandation importante : sur un tel chantier, il est impératif de nettoyer la paille tombée au sol en permanence. Si le chantier a lieu en été, un fort rayon de soleil sur du verre peut provoquer une mise à feu. Pas de cigarette, pas de soudure, pas de meulage à proximité, tant que les enduits ne sont pas appliqués. Les ballots eux-mêmes devront être stockés à l'écart du chantier. Ces précautions valent aussi pour la construction de l'ossature en bois : on doit éliminer chaque jour les chutes, copeaux et sciures, ne pas stocker les bois trop près, éloigner tous liquides inflammables du chantier, etc.
 
 
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