Editions de La Pierre Verte

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Monomurs d'argile cuite porosée
En terre, mais cuite cette fois-ci, tout le monde connaît la brique classique. La brique pleine n'est plus utilisée que pour les finitions car, lourde et petite, elle occasionne des frais importants et ne présente pas de qualités suffisantes face à la concurrence de briques plus modernes, les briques creuses d'argile cuite que l'on voit partout.
 
Issues d'un processus industriel, certes, elles constituent néanmoins un matériau de construction de bonne qualité, dont nous avons vu que le bilan écologique était assez acceptable. Malheureusement, telles quelles, les briques creuses d'argile cuite ne font pas un mur terminé. Dans les constructions actuelles, elles sont généralement enduites d'un crépi à l'extérieur et doublées à l'intérieur de panneaux de polystyrène expansé recouverts de plâtre pour obtenir un confort thermique suffisant. Ces revêtements isolent totalement les briques d'argile et on perd tout le bénéfice de leurs qualités, à part la solidité et une certaine isolation due à leurs alvéoles internes.
 
Mais il faut mentionner l'apparition récente des briques monomurs alvéolaires qui permettent une construction simplifiée, efficace et pleine d'avantages. Elles sont le fruit d'une modernisation de la fabrication et de la cuisson des éléments de construction en argile cuite, développements récents qui prennent en compte les exigences écologiques. Elles ont donc amélioré les critères d'isolation, de qualité sanitaire et d'impact environnemental.

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Mur de briques monomurs sans joint de mortier.
Ces briques monomurs, très larges puisqu'elles varient entre trente et cinquante centimètres, donnent des murs porteurs épais et solides, isolants aussi bien thermiquement que phoniquement, sains, durables et respirants. On les appelle monomurs car elles ne demandent aucun enduit externe ou parement interne particulier. À elles seules, ces briques remplissent toutes les fonctions techniques d'un mur.
 
Elles sont très alvéolées et conservent donc beaucoup d'air. Le dessin des alvéoles est étudié de façon à ce que le refroidissement fasse un trajet d'un mètre trente environ pour traverser les quarante centimètres d'épaisseur de la brique. Ainsi, il n'est plus nécessaire de renforcer l'isolation, les briques se suffisant à elles-mêmes. Elles peuvent directement servir de support à la finition. En argile cuite, elles résistent au temps, aux intempéries et peuvent rester nues, leur esthétique naturelle et simple pouvant être mise à profit.
 
Mais à ces qualités de base de la brique creuse d'argile cuite, quelques sociétés ont ajouté de nombreux perfectionnements qui rendent ce matériau encore plus adapté à la construction d'une maison écologique et économe. Sur chaque critère, les briques Porotherm ou Bellenberg montrent des performances qui dépassent celles de la quasi-totalité de leurs concurrents. Les briques d'argile cuite ordinaires semblent bien médiocres à côté de ces briques alvéolaires monomurs, ne serait-ce que par la facilité de pose dont elles font preuve. Seuls les blocs de béton cellulaire silicocalcaire sont comparables, voire un peu meilleurs sur certains points.
 
Les sociétés qui commercialisent ces grandes briques creuses d'argile cuite fournissent avec elles un mortier et un outil spécial qui permettent de faire des joints horizontaux très fins entre les rangs, technique dite de la maçonnerie roulée. Il faut préciser que les briques monomurs sont rectifiées après cuisson, ce qui leur donne une précision de l'ordre du demi-millimètre. Elles ont un moulage qui permet un emboîtement latéral précis supprimant tout joint vertical. Si bien que la consommation de mortier pour construire un mur avec ce système est réduite de quatre-vingt-dix-huit pour cent. Le mortier est fourni, ce qui évite de s'en occuper. Pour une maison normale, cela représente trois cents kilos de mortier au maximum, contre dix tonnes habituellement. Pas de sable à faire livrer, pas de bétonneuse mais un seau de dix litres, pas de trajets fatigants et répétitifs en poussant la brouette à pleine charge sur des planches. La précision de l'application évite également les chutes de mortier au pied du mur et le chantier reste propre.
 
La maçonnerie roulée évite les ponts thermiques qui anéantissent les performances théoriques des éléments de construction. En effet, un mur comporte d'importantes surfaces de mortier, celles des joints de maçonnerie, et les nouvelles normes d'isolation ne se contentent plus de mesurer le coefficient thermique d'un élément de construction mais celui d'une surface de mur entière, bâtie avec ce matériau. Avec la maçonnerie roulée, les joints ne font que trois millimètres d'épaisseur et ne provoquent que peu de déperdition de chaleur. Quant aux ponts thermiques par les planchers, ils peuvent être vaincus. Ils sont souvent très importants, puisqu'on estime qu'une maison perd autant de calories par ces ponts planchers/murs que par la surface des murs elle-même. Les briques monomurs poreuses sont isolantes dans la masse et diminuent donc énormément les transferts thermiques possibles.
 
Leurs qualités d'isolation thermique tiennent aussi à une porosité calculée de l'argile cuite, résultant d'un mélange avec de la pâte à papier (chez Porotherm) ou bien autre chose, parfois du polystyrène de recyclage qui se consume à la cuisson et laisse des bulles internes améliorant les performances, les fumées de l'usine étant ensuite parfaitement filtrées. Chez Bellenberg, c'est la qualité de l'argile de départ qui donne sa grande porosité au matériau. Avec ces briques simples, sans isolation rapportée, on économise au moins dix pour cent des frais de chauffage, comparativement à une maison en parpaings avec son isolation intérieure, en bénéficiant de toutes les qualités d'une isolation dans la masse du mur : solidité, lissage des pics de température, absence de points de rosée, régulation hygrométrique, etc.

L'argile utilisée pour faire les briques monomurs a les qualités principales de la terre : matériau parfaitement naturel, sans additif, exempt de produits d'origine industrielle, garanti sain et sans danger, ne nécessitant aucun traitement, résistant aux rongeurs et à toutes les infestations. Les moisissures sont pratiquement impossibles car l'argile respire. Elle apporte une excellente hygrométrie puisque ces briques ne retiennent pas l'humidité, grâce à une capillarité qui favorise les échanges et le séchage. Ainsi, une brique monomur d'argile retient cinq fois moins d'eau qu'un parpaing, ce qui évite une chute de la performance thermique, les moisissures, le vieillissement, etc. La masse thermique importante de l'argile régule les températures intérieures, hiver comme été, puisqu'une agréable fraîcheur est conservée durant les canicules, six à sept degrés de moins qu'avec un mur de parpaings isolé par l'intérieur. Pour l'hiver, c'est la même chose et, les à-coups de température étant moindres, on peut disposer d'un chauffage moins puissant.

Les briques monomurs alvéolaires ont de bonnes performances acoustiques, supérieures aux normes exigibles, soit cinquante décibels pour des briques de quarante de large. On leur reproche parfois de créer une ambiance sonore trop résonnante, un défaut auquel il est facile de remédier en enduisant les murs à la terre et en garnissant la pièce de suffisamment de meubles capitonnés, tapis, rideaux de tissus et autres.
 
Elles ont également un excellent comportement au feu et ne dégagent aucun effluent toxique dans aucune circonstance. Si une inondation se produit, les murs de briques d'argile cuite ne nécessitent pas de réparation. Il leur suffit de sécher pour retrouver l'intégralité de leurs performances mécaniques et thermiques.
 
Ces briques sont si solides que tous les murs sont porteurs, ce qui permet une évolution facile de la maison pour des ajouts, des percements d'ouverture ou des aménagements futurs. Pour donner un ordre d'idées, une seule de ces briques pourrait supporter une maison, puisque la résistance est de trois cents tonnes au mètre linéaire, quatre fois plus que pour un parpaing de ciment. On peut d'ailleurs fixer directement les gonds de volets battants, les chauffe-eau, les appareils sanitaires ou les éléments suspendus d'une cuisine intégrée, sans faire appel à un scellement spécifique.
 
Les briques monomurs permettent de créer des maisons confortables, très saines et durables. On peut également s'en servir pour créer une ossature porteuse. Quatre poteaux, ou plus, de ces briques, dans lesquelles on coule une colonne de béton ferraillé, voilà une base de construction très simple à réaliser, légère et suffisamment solide pour tenir une toiture. Entre les poteaux porteurs, on est libre de bâtir selon son goût et les qualités recherchées, en fonction de la région où l'on s'implante. Des murs de torchis ou de ballots de paille, très économiques et faciles à réaliser, peuvent permettre de mettre des sous ailleurs, de créer une maison réellement écologique sans y laisser la peau des fesses.
 
On peut s'assurer des qualités de murs en briques alvéolaires d'argile cuite pour les façades exposées aux rigueurs climatiques, au Sud dans les régions chaudes, au Nord dans les régions froides, à l'Ouest dans les régions pluvieuses. Elles peuvent être adoptées pour faire les premiers rangs de maçonnerie de la maison, profitant ainsi de leur précision, résistance et durabilité, ainsi que pour le bâti des fenêtres garantissant la solidité des ouvertures. L'aspect d'une maison qui alterne des revêtements de briques avec des surfaces d'enduits de chaux ou de terre peut être très attractif. Le mariage de divers matériaux rend les façades vivantes et esthétiques. Il autorise de bons compromis entre économies et solidité, qualités biotiques et facilité de mise en œuvre.
 
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