Editions de La Pierre Verte

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La phyto-épuration et autres systèmes

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TRAITEMENT DOMESTIQUE NATUREL DES EAUX GRISES

~ Une installation domestique d'épuration naturelle des eaux grises coûte peu d'argent, le prix de la construction de bassins étanchéifiés, de leur remplissage avec des galets, graviers et sables, et de leur plantation. Des aides techniques sont accessibles pour concrétiser un tel projet. L'entretien est minime, consistant au nettoyage périodique des vannes, filtres et déversoirs, ainsi qu'au fauchage annuel des plantes ou au ramassage des lentilles d'eau, le cas échéant. Un travail de jardinage, en quelque sorte.

~ Il est fondamental de connaître les capacités du sol à absorber les eaux finales. Le sol est en effet le meilleur épurateur mais, dans certains cas, roche, argile pure et autres, il s'avère inefficace et l'épuration biologique individuelle peut ne pas être possible.

~ La conformation d'un terrain joue un rôle principal pour gérer l'eau de pluie et l'assainissement, voire l'énergie. La pente peut être mise à profit pour assurer les écoulements gravitaires. Si la maison est postée en haut, l'eau tombée sur le toit pourra facilement être stockée au pied du bâtiment pour servir, en contrebas, à l'arrosage du jardin et du potager. Logique. De même, les évacuations sanitaires seront efficaces ou difficiles selon la dénivelée entre le plancher de la maison et la station d'épuration naturelle ou le réseau collectif des égouts. Il est recommandé une inclinaison de deux centimètres par mètre, ce qui veut dire que les évacuations sanitaires devront surplomber le point de raccordement au système d'évacuation de deux centimètres supplémentaires à chaque mètre de distance. Si la maison est à cinquante mètres des canalisations du réseau d'assainissement, elle devra être au moins un mètre plus haut que le point de raccordement.

~ Le traitement des eaux grises doit être soigné et efficace. Ces eaux peuvent disséminer, elles aussi, des microbes pathogènes et des parasites. Des coliformes fécaux s'y retrouvent par le lavage anal, très pratiqué par certaines populations, ou par le nettoyage des cacas de bébés. Comme pour les salmonelles et certaines bactéries, ils peuvent rendre malade. Une installation d'épuration naturelle peut également servir à assainir les eaux issues d'une fosse septique et, dans ce cas, les filtres et la cuve de décantation dont nous parlons ci-dessous ne sont pas nécessaires. Dans tous les cas, l'épuration naturelle en bassins plantés doit être surveillée et gérée avec attention.
 
 
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Une installation simple.
~ Le premier dispositif de l'installation est donc un filtre simple, de la paille dans un tonneau par exemple, au travers duquel l'eau s'écoule facilement en laissant les résidus de matières organiques les plus grossiers. Ce filtre est jeté au compost quand il s'encombre, avec environ cinq fois plus de déchets végétaux comme de l'herbe, des feuilles, de la sciure ou de la paille.

Suit une petite cuve de décantation d'un mètre cube qui permet aux particules de se déposer sur le fond. Elle devra être curée tous les ans.

Puis viennent les filtres plantés destinés à l'épuration biologique elle-même. Ils demandent le terrassement d'au moins trois bassins à fond étanche. Ceux-ci, aussi nombreux qu'on le désire en fait, doivent obliger l'eau à cheminer lentement pour ne s'échapper du système d'épuration qu'au bout d'une quinzaine d'heures au minimum. Durant ce parcours, les bactéries fixées dans les racines des plantes vont dévorer les matières organiques comme les graisses, savons et autres jus de cuisine.

L'épuration des eaux grises et des eaux brunes mélangées demande des surfaces de traitement importantes, de 7 à 10 mètres carrés de bassin planté par habitant. En cas de toilettes sèches, le traitement des eaux grises seules demande une superficie réduite d'un bon tiers.

Les filtres plantés sont des systèmes de plusieurs bassins étanches, au moins trois, remplis de cailloux ou sables filtrants sur lesquels se développent de grandes plantes aimant l'eau. Leurs racines doivent pouvoir pénétrer toute l'épaisseur du substrat. Une grande variété de végétaux des marais peuvent être plantés dans ces filtres. Les plus utilisés sont le roseau, l'iris jaune ou le jonc, dans un certain ordre. Ces plantes transportent de l'oxygène de leurs feuilles à leurs racines ou rhizomes. Là, se développent des quantités phénoménales de bactéries aérobies qui vont dévorer les matières.

Selon le terrain dont on dispose, plat ou pentu, on choisira la création de bassins à filtrage vertical ou horizontal. Sur terrain plat, la filtration horizontale se fait dans un bassin rempli de graviers de taille homogène pour permettre l'avance du flux hydraulique dans le filtre. Les plantes s'y développent. Les effluents pénètrent par un bout et poussent l'eau déjà présente vers la sortie par un trop-plein vers le bassin suivant. Tous les liquides doivent rester dans l'épaisseur du filtre, sous la surface pour assurer un contact maximal avec les racines et les rhizomes. Les derniers bassins auront des cailloux plus petits et des plantes différentes des premiers. Se renseigner pour connaître la succession de substrats et de plantes qui convient le mieux.

La filtration verticale, plus fiable, consiste à faire passer les liquides du haut du bassin à son fond avant de se déverser dans le bassin suivant. Ici, le substrat est différent, plus filtrant, car la pesanteur aide l'eau à traverser le système. On remplira donc ici les bassins avec des matériaux de plus en plus fins. Au fond une grosse couche de galets, des graviers par-dessus ou bien des billes d'argile, puis du gravillon fin, puis au-dessus de ce sandwich, une autre grosse couche, de sable, cette fois-ci, ou bien de miettes de pouzzolane, une roche volcanique à millions de troutrous minuscules qui offrent une très grande surface aux bactéries pour se fixer. Les racines et rhizomes des plantes doivent pénétrer le plus profondément possible. La construction de bassins à filtration verticale, c'est-à-dire en cascades, peut donner lieu à de très beaux aménagements paysagés.

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Une jolie station d'épuration... (photo Philippe Redois)

Le lagunage est une étape d'affinage qui vient après les filtrations et se traduit par la création d'un bassin peu profond et le plus vaste possible, sur lequel poussent des lentilles d'eau ou des laitues d'eau. Ces plantes doivent être récoltées de temps en temps pour favoriser leur croissance continuelle et pour laisser pénétrer la lumière du soleil qui tuera les derniers virus possibles. Dans la lagune, des micro-organismes et des algues participent, avec les ultraviolets et l'oxygène, très corrosifs, à la stérilisation des eaux et à leur clarification. Rêvons jusqu'au bout de la station "maison" idéale : une cascade de rochers à l'ombre pour l'oxygénation, un étang paysagé et planté, puis une zone d'infiltration avec drains ou plantation de bambous.

L'utilisation des jacinthes d'eau et de plantes tropicales dans un bassin de lagunage est très performante et esthétique, mais ces plantes ne supportent pas les températures inférieures à dix degrés, ce qui exige la création d'une serre tropicale. Celle-ci pourrait donc être chauffée par le méthane qui aurait été produit par la digestion de matières organiques dans un réacteur, une tour en acier, de chauffage et de décomposition. Avec un tel système, la filtration n'est plus nécessaire car la méthanisation préalable a déjà dégradé la majeure partie des déchets. Ce genre d'installation, assez lourde, conviendra mieux à une ferme d'élevage ou à un pépiniériste.

Dès que l'on parle de plans d'eau, chacun pense aux moustiques. Pour éviter leur développement, on préférera la filtration verticale qui ne crée pas de surfaces d'eau libre. Mais il faut savoir que les moustiques prolifèrent particulièrement sur les petites surfaces car, lorsque celles-ci dépassent quelques mètres carrés, les prédateurs des moustiques s'y développent alors suffisamment pour réguler la situation. Voir large donc.


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... que la DDASS a voulu plus bétonnée.
~ D'expérience, les utilisateurs de ce type d'assainissement naturel des eaux usées ne constatent aucune mauvaise odeur environnante, même durant l'été, car l'eau circule et se trouve vite nettoyée par les voraces bactéries. On peut donc les implanter en pleine ville ou à proximité immédiate des habitations. Réaliser une lagune et l'équiper sera plus facile si elle est commune à plusieurs familles. L'épuration naturelle globale est performante, et, par rapport à l'épuration standard, autonome ou collective, elle possède l'atout supplémentaire de la dépollution des nitrates et des phosphates, voire des métaux lourds grâce à certaines plantes précises. Elle parvient même, sans chloration, à supprimer tout germe pathogène, tout virus et tout colibacille. L'eau qui ressort est bien plus propre que celle issue des stations d'épuration collectives, puisqu'elle n'a pas été atteinte par les polluants industriels et sa qualité biotique est sans comparaison avec celle, tuée, qui sort de ces stations.

~ L'adoption d'un plan d'eau en bout de chaîne est une bonne façon de se motiver à la qualité du système puisque l'on profite de l'agrément du résultat. C'est un peu comme pour le jardinage, personne n'a envie de s'amuser à retourner du fumier mais si c'est pour avoir de belles plates-bandes, on est prêt à le faire. De même, avoir un plan d'eau claire avec de belles plantations et des poissons est une source de plaisir. L'entretenir et s'assurer de sa qualité n'est plus une corvée mais devient un agréable passe-temps plein de satisfactions. L'association des bassins plantés filtrants, d'une surface de lagunage, et, en fin de processus, d'un marais ou étang artificiel, ou de drains souterrains irriguant une zone plantée de cannes de Provence ou de bambous, tout ceci forme un ensemble naturel qui se révélera favorable au gîte d'une multitude d'espèces. La faune sauvage sera attirée par une flore variée et irriguée en permanence et le marais ou l'étang résonnera du piaillement des oiseaux, tandis que papillons et libellules viendront s'y désaltérer. Et le soir, on entendra le chant des reinettes. Des loutres ? Heu…, faut pas rêver quand même, ce serait trop beau.
 

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