Editions de La Pierre Verte
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Assainissement
 
On installe des stations d'épuration qui coûtent cher aux habitants et enrichissent les bétonneurs, les équipementiers et les filiales des grandes compagnies de l'eau. Ces stations, bien peu efficaces, collectent les eaux usées, en isolent des boues volumineuses qui sont ensuite rejetées dans des décharges ou des cours d'eau, que l'on considère donc comme autant d'égouts vers l'océan. Bref, on déplace à grands frais nos déjections de quelques kilomètres pour éviter de les voir ou de les sentir. Là encore, nos responsables ne cherchent qu'à faire disparaître les symptômes. Même chose qu'en médecine ou dans le registre de la sécurité publique où l'on ne cherche plus qu'à balayer les indésirables du pavé. S'attaquer aux racines du mal, il n'en est pas question. Certains profits, matériels ou politiques, disparaîtraient, non ?
 
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Quand la lagune est belle !

 
Pour ce qui concerne le traitement des eaux usées, les fameuses exigences européennes qui devaient nous empêcher de polluer autant semblent des fadaises. Même si, en 2006, toutes les communes de plus de deux mille habitants seront obligatoirement équipées de stations, ces directives ne mèneront à rien de sérieux, écologiquement parlant. Les suivre consiste en fait à transmettre à nos enfants les problèmes que nous n'avons pas le courage de résoudre.

Pourtant une autre politique est possible. Les boues pourraient, par exemple, être conduites à des stations de traitement implantées par bassins de vie. Il serait possible d'y adjoindre les déchets agricoles ou forestiers, les déjections de l'élevage, une partie des ordures ménagères et toutes les vidanges de fosses septiques de maisons individuelles que les camions-citerne déversent encore, faute d'installations adaptées, dans des fossés discrets. Pour rentabiliser ces nouvelles stations, on pourrait en extraire du gaz méthane pour les transports ou le chauffage urbain, et surtout en éliminer les métaux lourds et composés toxiques pour obtenir au bout du compte un engrais sain et sec, sans odeur et en granulés, capable de remplacer les engrais chimiques en sacs. Alors peut-être des usines comme AZF à Toulouse n'auraient-elles plus lieu d'exister ni d'exploser.
 
 


 
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