Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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L'Autonomie en Photovoltaïque

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UNE MAISON SANS CHAUFFAGE, OU SI PEU

Pour parvenir à vivre coupé des grands réseaux de distribution, il faut d'abord qu'une maison soit adaptée, qu'elle parvienne à faire croiser ses courbes de consommation avec celles des récupérations et productions possibles par un particulier, eau et énergie. Peu de constructions en sont vraiment capables. Il faut qu'elles soient hyper-isolées, on dit "passives", et équipées astucieusement à tous points de vue. Il faut que les ventilations, chauffages, circulations de fluides, appareils électroménagers et autres soient pensés pour une consommation la plus basse possible. Attention à bien tout intégrer, à bien tout compter. Attention aux solutions trop sophistiquées. Le succès des panneaux solaires thermiques (chauffe-eau solaire), par exemple, tient beaucoup au manque de réflexion globale des consommateurs. Ces panneaux sont, par contre, promus à tire-larigot par toute la chaîne des professionnels de l'habitat : les maîtres d'œuvre et les artisans font leur marge, les équipementiers poussent à acquérir gadget sur gadget, les installateurs sont incontournables, les banquiers vendent de l'argent, etc, etc. Or, les chauffe-eau solaires sont coûteux, fabriqués à l'autre bout du monde, complexes et fragiles, délicats à installer, si coûteux à réparer parfois qu'ils sont abandonnés à la première panne, etc. Et surtout surtout, ils demandent un chauffage annexe de l'eau pour les périodes sans soleil et vous restez donc pluggés. En fait, les chauffe-eau solaires ne permettent que des économies, importantes certes, mais ils empêchent toute véritable indépendance de l'habitat car ils vous faut conserver un cumulus électrique d'appoint, un ballon bi-énergie, ou une chaudière. Au total, c'est un double équipement, très dispendieux. Malgré et à cause du louable souci d'économiser, on ajoute à sa maison des équipements dont la fabrication, la commercialisation et l'entretien nécessitent des matières premières et une énergie grise qu'il faudra d'autant plus de temps à amortir. Une maison écologique super équipée accroît à la construction l'impact qu'elle est censée diminuer par la suite... Essayons plutôt de tendre à la simplicité.

C'est du côté de la recherche d'autonomie individuelle que se trouve la voie de la sagesse, la plus écologique, la plus durable, la moins dépensière, la plus simple. Seulement voilà : autonomie est synonyme d'indépendance et, cette fois, ce sont les politiciens qui en prennent ombrage. Aujourd'hui, la plupart des solutions présentées comme écologiques se gardent bien de vous débrancher des réseaux. La pompe à chaleur géothermique en est un autre exemple typique, parmi d'autres. Mais demain, avec les tarifs et abonnements qui augmentent au fur et à mesure que nous nous rendons capables de consommer moins, on peut être certain que les économies espérées n'en seront plus, du moins financièrement. Par contre, pour les tenants du "système", notre indépendance énergétique individuelle ferait tout perdre. Alors, si nous voulons changer de société et obtenir plus de respect de l'environnement naturel, plus de respect humain, plus d'égalité, c'est l'autonomie qu'il nous faut mettre en œuvre. Les économies, c'est un noble souci, certes, mais c'est aussi une balle que nous nous tirons dans le pied.


ISOLER AVANT TOUT, ARRONDIR AUSSI...

Une maison autonome est donc la seule vraie solution écologique (et sociétale). Autonome en eau, en assainissement et en énergie aussi bien pour l'éclairage et les appareils ménagers que pour le chauffage. Mais là, sur ce point du chauffage, je ne connais pas beaucoup de maisons qui soient capables d'en minimiser suffisamment le besoin. La RT2012, réglementation thermique 2012, pourtant déjà exigeante, n'y suffit pas. Il faut que la résistance thermique (R) des murs, sol et toit, atteignent 8. Avec la RT2012, on n'en est pas à la moitié. Aujourd'hui, on suggère 20 cm d'isolation et pas plus car il ne faudrait quand même pas que les habitations se passent réellement de chauffage. La moitié de la consommation énergétique nationale passe dans l'habitat, construction et usage. C'est donc un marché considérable qu'on ne va quand même pas fusiller d'un coup. Non, on va expliquer au public que 20 cm d'isolant c'est bien. Pourtant, avec 30 cm, du triple vitrage et une bonne conception sans pont thermique, on change de paradigme et une maison devient passive, sans chauffage, et capable de fonctionner par elle-même. Ou 20, ou 30 cm d'isolant, tout est là. Comme il est inévitable que la RT à suivre (2020) impose les normes thermiques précitées, est-il un tant soit peu intéressant d'appliquer la seule RT2012 aujourd'hui pour se retrouver à payer, dans dix ans, les travaux devenus obligatoires ? Et puis, puisque tout ce que l'on met dans l'isolation thermique réduit les besoins de chauffage, si on transforme sa maison en thermos, elle finit par se contenter d'un apport en calories que les simples activités du quotidien génèrent (cuisine, eau chaude, écrans, aspirateur, etc). Pour accéder à une dépense énergétique très faible des habitations, il faut d'abord arriver à ce résultat, l'équivalent de la RT2020, une maison passive.

En tant que son concepteur, je vous parlerai un peu de la maison Écoquille dont les différents éléments sont calibrés pour qu'elle puisse devenir autonome sans rien perdre en confort et en modernité. Sa forme arrondie est un atout très significatif à la conquête de cet objectif. Sur une telle toiture en coque, on peut récupérer beaucoup d'eau. Avec une telle convection interne de l'air et, à surface de plancher égale, une telle réduction du volume à chauffer et de la surface de déperdition (les parois), les performances thermiques d'une maison arrondie sont très supérieures à celles d'une maison en forme de boîte à chaussure exactement semblable.


SE PASSER DE CHAUFFAGE ?

Concernant le chauffage, question cruciale, toute maison hyper-isolée peut donc s'en dispenser, en fait. Sauf peut-être au-dessus de 1000 m d'altitude ou au nord de la Seine. On peut néanmoins rester confiants et, en principe, une maison super-isolée n'a pas besoin de chauffage car sa température intérieure ne varie que très très lentement. Une fois que la maison est à 20°, elle y reste. Il suffit de vivre dedans pour y maintenir les 20° en compensant le peu de pertes par des apports gratuits comme faire une tarte au four, passer l'aspirateur, allumer des lampes, et même être là, tout bonnement. Des maisons aussi isolées que nécessaire (R>8) se chauffent en vivant dedans. Il suffit de se rendre en Suède pour en avoir la preuve. Là-bas, depuis les chocs pétroliers des 70's, on ne construit plus qu'avec des 40 à 70 cm d'épaisseur d'isolant. Résultat, des maisons, des immeubles, des bureaux ne se chauffent que par l'activité interne. Le pays économise ainsi des quantités de devises et s'en porte d'autant mieux économiquement (écologie et économie peuvent faire bon ménage si c'est dans l'intérêt de tous et non de quelques uns).
 
Mais, pour rassurer tout le monde, nous suggérerons ici la pose de miroirs chauffants rayonnants de 400 à 600 watts qui peuvent être installés à tout moment si l'on prévoit les sorties de câbles électriques (en 1,5). Si ces sorties de câble ne sont pas utilisée pour les miroirs chauffants, elles pourront alimenter une applique d'éclairage par exemple. Donc, on met les prises et on attend d'avoir froid pour poser les petits radiateurs éventuels, au fur et à mesure qu'on en ressent le besoin concret. D'ores et déjà, un miroir chauffant dans la salle de bains paraît confortable et pratique (pas de buée sur le miroir). En réalité, ce ou ces miroirs chauffants de faible consommation ne fonctionneront que quelques minutes par jour. Un programmateur en allume un dans le séjour 20 minutes avant votre retour du travail. Ensuite, une fois la maison occupée, le miroir s'éteint grâce à un thermostat. Sa consommation restera minime et pourrait être fournie avec une installation de production électrique autonome. Pour les personnes âgées ou à mobilité réduite, c'est l'idéal : pas de combustible à porter, comme les bûches pour un poêle, par exemple.

Ah oui ! Le poêle à bois justement ? Oui, ça fait envie : le plaisir de la flamme. Mais bon : un poêle à bois dans une maison super-isolée, ça risque de chauffer à l'excès. S'il faut ouvrir la fenêtre pour évacuer la chaleur, c'est un peu bête. Difficile à réguler en l'absence de thermostat. Évitons donc l'installation d'un poêle dans une maison passive, poêle qui, en outre, prend pas mal de place (réserve bois, nécessité de ne pas le coller au mur), contrairement aux miroirs chauffants qui, eux, agrandissent l'espace. De plus, pour des raisons de sécurité évidentes (risque de feu), les miroirs chauffants sont plus adaptés à l'habitat.

Une chose reste certaine : les français paient 1.300 euros de chauffage en moyenne par an aujourd'hui. Avec les augmentations du prix des combustibles, on peut estimer que la dépense atteindra 3.000 euros par an dans 10 ans. Ainsi, abonnement compris, une maison ordinaire avec son chauffage (10.000 euros de machineries plus le combustible) va générer entre 80 et 100.000 euros de dépenses sur 20 ans, 200.000 en 30 ans !! C'est à ce point que l'on peut dire d'une maisons hyper-isolée qu'elle se paiera intégralement sur les économies qu'elle permet, en 25 ans. Et ce seront ensuite dans les 3.000 euros de dépenses en moins pour chaque année qui suivra, sans chaudière à changer.

Alors, au final, voulez-vous, comme vos grands-parents, vous retrouver avec le lourd handicap d'une chaudière au fuel, installée joyeusement à l'époque où les carburants coûtaient 5 fois moins cher ? Voulez-vous, comme vos parents, vous retrouver avec une belle chaudière à gaz à compensation, avec les factures qui explosent ? En attendant que chacun produise son électricité, les tarifs officiels vont grimper et, dans vingt ans, ce sera insupportable et honteux. C'est donc lorsque l'on construit sa maison qu'il faut englober les solutions qui ne peuvent décevoir et perdureront cinquante ans sans mauvaise surprise. Des solutions capables de réduire vos charges à néant et d'assumer toute la vie quotidienne : chauffage, eau chaude, éclairages, électro-ménager, et certainement bientôt les véhicules.

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