Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Une expérience de chaudière à bois déchiqueté...
(ne pas confondre avec les granulés et plaquettes)

Olivier et Isabelle m'ont envoyé ce courrier que je retranscris tel quel. Il souligne les difficultés d'approvisionnement fréquemment rencontrés en bois-énergie. Les choses s'améliorent néanmoins de mois en mois et je m'en tiens informé. On peut donc espérer que les déboires tels que ceux racontés ci-dessous ne soient bientôt qu'un mauvais souvenir. En attendant, on ne peut que recommander de bien cerner son projet lorsqu'il sort des habitudes.

"Bonjour.  Elle est prof de musique non titulaire et je suis ouvrier menuisier. Nous avons acheté récemment une ferme que nous avons équipé de capteurs solaire pour notre eau chaude sanitaire et d'une chaudière automatique à bois déchiqueté.
Partis d'un geste militant envers les énergies renouvelables, nous nous rendons compte que ces produits ne s'adressent, de par leur coût, qu'à une catégorie de gens aisés que nous ne sommes pas, et qu'en cela, leur accès n'est pas du tout démocratique. Par ailleurs, le prix élevé de la chaudière automatique à bois déchiqueté (26.000 euros, installation comprise, dont près de 20.000 pour la chaudière elle-même) témoigne d'une technologie nouvelle qui devrait logiquement nous épargner les inconvénients de l'approvisionnement manuel et quotidien.

Or, quelques désagréments surviennent à cause de plusieurs facteurs :

- le stockage et l'approvisionnement du bois déchiqueté doivent être étudiés avec soin en relation étroite entre architecte, chauffagiste (vendeur poseur), forestiers ou agriculteurs (approvisionneurs) et structures administratives responsables des dossiers (Ademe, Ageden...). Ce qui n'est pas encore le cas. Nous nous retrouvons aujourd'hui embarrassé pour nous approvisionner par l’intermédiaire d'un fichier qui n'est pas à jour. Agriculteurs ou forestiers à la retraite, d'autres qui ont le plus souvent du bois vert, affairistes qui n'attendent qu'une déréglementation pour augmenter leurs tarifs en flairant l'opportunité. Quand bien même ce fichier serait à jour, quelle est la responsabilité des structures administratives censées nous préserver des affairistes ? Pour ce qui serait de prendre les devants, notre chauffagiste rechigne à nous communiquer les noms des autres personnes chez qui il a installé le même système que le notre, alors que nous pourrions nous fédérer pour participer aux débats et peser sur les décisions. Et ceci tandis que d'autres sont forcés de fabriquer eux-mêmes leur matériel d'approvisionnement ! C'est le cas du forestier qui fait 40 km avec son tracteur et sa remorque de 20m3 pour nous livrer. Comme son matériel n'est pas encore au point, je dois l'aider en montant dans le silo à bois pour rassembler à la pelle les 20 m3 de bois qu'il charge à l'aide d'une vis sans fin... Il n'accepte d’ailleurs de me livrer qu'à cette condition.

- le prix du bois : outre sa qualité renouvelable et moins polluante, le bois nous avait aussi été présenté comme le moins cher des carburants de chaudières : entre 22 et 23 euros hors taxe le mètre-cube. Après l'étude de nos besoins par notre chauffagiste (surface de l'habitat par pièces occupées, nombres d'adultes, d'enfants, etc), 40m3 de bois déchiqueté nous était donnés comme nécessaires à notre confort d'une année. Or, à ce jour, mi-mars, nous en avons brûlé 56 m3 depuis début octobre soit déjà 1250 euros.

- l’entretien : pour terminer, il faut se souvenir qu’une chaudière, même automatique, ça s'entretient avec le vidage du grand cendrier une fois par quinzaine, celui du tiroir de cendre deux fois par semaine, et l’action du bras de “décrassage” tous les jours (et il s'encrasse très très vite et il se bloque) !!
Voilà ce qui en est actuellement de notre expérience intermédiaire. Cordialement.”

Après discussion avec des professionnels, il s’avère que la difficulté principale concernant le bois déchiqueté vient de sa faible sicité. En effet, les déchets forestiers sont humides et le séchage le plus pratiqué actuellement reste la mise en tas, avec souvent un début de compostage, dangereux et, au final, néfaste à la qualité de combustion. Aussi faudrait-il mettre en place des systèmes de séchage spécialisés mais les quelques personnes qui se sont penchées sur le problème n’ont, semble-t-il, pas reçu une oreille attentive de la part des acteurs de la filière et des institutions.

Il faut quand même rappeler que le bois n’a un bilan écologique correct en tant que combustible qu’à la condition de brûler vivement et à haute température. Et le bois déchiqueté souffre de taux d’humidité souvent supérieurs à trente pour cent (cinq ou six pour cent en ce qui concerne les granulés), ce qui empêche un bon rendement et augmente donc les coûts d’approvisionnement et la pollution atmosphérique. Aujourd’hui, il serait très utile que les professionnels du bois-énergie ou l’Ademe, par exemple, se concertent dans le souci de développer des réseaux régionaux capables de fournir du bois de chauffage, récupéré de scieries ou de coupes forestières, correctement séché et conditionné (pas d’emballage plastique, par exemple), et commercialisé dans des zones de proximité. Cette concertation est indispensable quand on constate que la filière bois-énergie souffre encore du manque d’information réciproque et de projets de développement communs. Un exemple : j'ai établi le contact par hasard entre, d’une part, un fabricant de plaquettes de bois densifié ayant perdu une grosse partie de son approvisionnement, suite à l’incendie d’une menuiserie industrielle partenaire, et, d’autre part, une scierie préoccupée d’écologie et disposant de quantités importantes de sciure et copeaux secs, les deux entreprises se situant dans le même région, ayant besoin l’une de l’autre et ne se connaissant malheureusement pas. Moi, je suis d'accord pour qu'il y ait une Ademe, un état et tout ça, et même qu'on les développe, mais il faudrait qu'ils fassent leur boulot qu'on leur demande, ça changerait tout. Hélas, le lobbying est partout, et même à l'Ademe.

 

 
 
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