Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Non au nuke !!

 Le fond du problème : le moteur à explosion est une absurdité

 On peut dire : “Oui, c’est facile de critiquer... Y’a ceusses qui voyent le verre à moitié plein et ceusses qui l’voyent à moitié vide ! Faut pas être négatif, le temps apporte ses progrès. Faisons confiance aux gens raisonnables et responsables, aux capacités d’intelligence...”

Oui, oui, certes. Mais à la condition que l’on y comprenne quelque chose et que l’information circule. Sinon, les erreurs peuvent durer très longtemps. Les scientifiques avaient dénoncé les dangers de l’amiante dès la fin du dix-neuvième siècle, par exemple, mais nous en avons quand même pris pour quatre-vingt ans, avec maintenant pour conséquence une bonne cinquantaine de milliers de morts par an pendant vingt ans en Europe.

Une autre erreur de base perdure : le moteur à explosion. Même Hdi ou Tdi, ça reste un moteur à explosion. Pour un watt de carburant, le moteur ne restitue que 30 pour cent en force motrice. 30%, c’est nul ! Ça veut dire que 70% de l’énergie est perdue dans la température de l’explosion (d’où circuit de refroidissement complexe, liquides polluants, pannes), ainsi que dans l’inertie des pistons, bielles et autres villebrequins (un moteur de voiture pèse ses deux cent kilos de ferraille à remuer). Bref, on achète son litre d’essence 1 euro et demie et il y a un euro qui ne sert pas à faire avancer la voiture, un euro de perdu. Technologie préhistorique.


Le moteur électrique, lui, convertit la quasi totalité (arrondie à 100%) des watts qui lui sont fournis en déplacement effectif. Du jus dans les aimants et ça tourne directement. Ça ne chauffe pas, ça ne fait que mouvoir. Quand on voit des paquebots de la taille d’immeubles de dix étages se mettrent à quai latéralement, dans de l’eau et ça résiste, tirés par deux moteurs électriques de la taille d’un couscoussier chacun, on voit bien que le moteur électrique a, lui, un excellent rendement énergétique. Tiens, c’est simple : une tondeuse thermique doit faire ses 1600 watts pour venir à bout d’une pelouse (on compte plutôt en chevaux), tandis qu’une tondeuse électrique de 600 watts fera le même boulot.

Voilà : on aurait pu économiser les deux-tiers de notre consommation énergétique globale et planétaire si l’on avait laissé de côté le moteur à explosion et développé l’usage des moteurs électriques, ainsi qu’une production d’électricité renouvelable avec stockage simple, des aérogénérateurs ou bien des turbines à vapeur d’eau produite par des panneaux solaires sous vide, par exemple. Pas de nucléaire, évidemment. On pouvait avoir des voitures propres, ne fonctionnant qu’avec des énergies douces, et on nous a servi le pire système : le moteur à explosion. À l’échelle de la planète, de la politique et des responsabilités, il s’agit là d’un crime. Mais, à l’heure actuelle, qui y pense ? Qui connaît ce scandale global ? Qui voudrait attaquer Renault ou PSA pour leurs choix technologiques dictés par Total ?

 

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- Parce que le coût financier et sanitaire du nucléaire est catastrophique pour les générations futures,
- Parce que les déchets nucléaires empoisonnent la Terre pour des millions d'années,
- Parce que chaque centrale nucléaire est un Tchernobyl en puissance,
- Parce qu'un seul accident nucléaire peut détruire écologiquement, socialement et économiquement des pays entiers,
- Parce qu'aucune centrale nucléaire ne résiste à un avion suicide de type attentats de New York,
- Parce qu'aucun train de déchets nucléaires ne résiste à une explosion de type attentats de Madrid,
- Parce qu'aucune centrale nucléaire n'est à l'abri d'un acte de sabotage,
- Parce qu'aucune centrale nucléaire n'est à l'abri des conséquences imprévisibles des séismes, canicules, grands froids, tempêtes et autres inondations,
- Parce que le nucléaire nous rend dépendant à 100 % de l'importation de l'uranium (Niger...),
- Parce que l'uranium, comme les énergies fossiles, sera épuisé dans 60 ans sur Terre,
- Parce que le chauffage et la climatisation électrique nucléaire (déchets), et fossile (effet de serre) lors des pics de froid et de canicule, est une aberration énergétique extrêmement polluante,
- Parce que les 16 % de l'énergie en France d'origine nucléaire (électricité) ne peuvent rien contre l'immense consommation d'énergie émettrice de gaz à effet de serre,
- Et parce que la complémentarité des énergies solaire, hydraulique, éolienne, hydrolienne, marémotrice, houlomotrice, bois, biogaz, biocarburants et géothermie rend un pays qui le voudrait, autonome énergétiquement et très fortement créateur d'emplois durables.

 

 CE CHER, TRÈS CHER NUCLÉAIRE

Un article de Olivier Cabanel :

Au moment où les opinions mondiales se détournent petit à petit de l’option nucléaire, sous la pression populaire suite à la catastrophe de Fukushima, il serait temps de s’interroger sur le vrai prix du kilowatt nucléaire.

À la lumière d’un article paru dans Le Canard Enchaîné, qui évoquait le démantèlement de Super-Phénix, à Creys Malville, on apprenait que la facture allait être salée. Cette installation prévue pour être révolutionnaire n’aura fonctionné que 176 jours en dix ans, avec un parcours parsemé de fuites et d’accidents divers. Ce surgénérateur, heureusement abandonné en 1997, est en cours de « déconstruction » et celle-ci parait complexe puisque depuis 12 ans on n’a pas encore réussi à le vider totalement de son sodium, produit très instable puisqu’il s’enflamme spontanément au contact de l’air, et explose au contact de l’eau.

A Malville, il y en a 5.500 tonnes, et aucun pompier dans le monde ne peut éteindre un feu de plus d’une tonne de sodium. Alors pour neutraliser le sodium, on le fait tomber goutte à goutte dans un environnement d’azote afin de le neutraliser. Aujourd’hui, au rythme de 5 tonnes par jour, le sodium est transformé en soude, puis coulé dans des cubes de béton, dont EDF nous assure qu’ils ne seront pas plus radioactifs qu’un bloc de granit. On ne demande qu’à le croire. Cela représente un millier de jours de travail, soit en comptant les jours fériés, au moins 4 à 5 ans de travail, si tout se passe bien.

En effet, s’il y avait un départ de feu de sodium on n’imagine pas ce qui pourrait se passer car tout le combustible nucléaire étant resté sur place, (14 tonnes de plutonium) la situation deviendrait délicate. En avril 1994, à Cadarache le prototype de Superphénix, Rhapsodie, que l’on tentait de vidanger, avait joué une bien mauvaise partition, provoquant la mort d’un homme.

Revenons à Malville. Sa construction a couté 9 milliards d’euros, et le démantèlement, prévu pour finir en 2026, coutera entre 9 et 18 milliards d’euros, alors qu’à l’époque, comme le rappelle Isabelle Barré dans son article du Canard, il était estimé à 900 millions d’euros. Certes, cette centrale nucléaire n’est pas une centrale ordinaire, mais à la lumière des 58 autres réacteurs, on commence à deviner le prix du démantèlement de l’ensemble du parc nucléaire français.

Aujourd’hui EDF estime le démantèlement d’une centrale nucléaire à 260 millions d’euros, mais à la lumière de ce qui se passe à Malville, on serait tenté de rajouter un zéro au chiffre estimé, soit 2,6 milliards d’euros, pour une facture totale de 150 milliards d’euros pour tout le parc français.

Mais démanteler n’est pas tout, il faut encore s’occuper des déchets. Rien qu’à Malville, il y aura 70 000 tonnes de béton plus ou moins radioactif, sans oublier les 14 tonnes de plutonium stockées sur place dans une piscine de refroidissement, plutonium dont 1 millionième de gramme inhalé suffit à provoquer un cancer.

En France, annuellement, ce sont 840 millions de tonnes de déchets qui sont produits, et 0,05 % de ceux-ci sont des déchets radioactifs, ce qui représente tout de même annuellement 16800 tonnes, soit pour 40 ans  au moins 672000 tonnes de déchets radioactifs. A la fin 2007, l’Andra estime à 1 153 000 m3 la quantité de déchets radioactifs.

Bien sur, ils n’ont pas tous la même dangerosité, et il faut séparer les déchets issus du cœur des réacteurs, des autres déchets de faible à moyenne activité (matériaux contaminés).

La première centrale nucléaire française est celle de Chinon, dont l’exploitation a commencé en 1963, cela fait donc près de 50 ans que l’industrie nucléaire produit des déchets dont nous ne savons que faire. Jusqu’en 1973, la France a rejeté à la mer 770 tonnes de déchets nucléaires. Ils étaient dans des conteneurs en béton censés rester étanches pendant 500 ans, mais d’une part, certains déchets, notamment ceux contenant du plutonium ont une période (demi vie) de 24000 ans, et la protection de béton parait bien illusoire, d’autant qu’il a été constaté que certains étaient fissurés ou ouverts 29 ans après leur immersion.

Après le tsunami de décembre 2004, des containers nucléaires ont refait surface en Somalie provoquant des saignements de la bouche, hémorragies abdominales, infections dermatologiques, difficultés respiratoires…, tout cela porte la signature du nucléaire. Ceux qui sont stockés à La Hague, sont dans d’immenses hangars qui ne résisteraient pas à la chute d’un avion avec, comme l’ont constaté des enquêteurs, des piscines de refroidissement peu ragoûtantes. En 1981 un incendie s’était déclaré dans un silo de l’usine de retraitement.


Pour garantir le meilleur résultat possible, il faudrait limiter à 2 ou 3 kilos la matière radioactive dans une enveloppe de verre de quelques millimètres, au cœur d’une masse de béton d’un mètre cube, ce qui rend illusoire toute solution raisonnable lorsque l’on songe aux 672000 tonnes de déchets à traiter. Si l’on s’en tenait aux règles évoquées plus haut (3 kg de matière radioactive pour un mètre cube de béton) cela ferait théoriquement 224 millions de mètres cubes à stocker…mais ou ?

Certains préconisent l’enfouissement. Mais, même en superposant ces cubes d’un mètre cube empilés par couches de 10, cela représente une superficie de 224 hectares définitivement perdus, soit une surface de près de 5 km de coté uniquement pour stocker des déchets de combustible nucléaire usé. Comme certains déchets ont une période de 24000 ans, ils seront dangereux pendant 100 ou 200.000 ans et dans quel état sera le béton au bout de quelques milliers d’années ? A cela, il faut ajouter les déchets du démantèlement : du béton, de l’acier plus ou moins contaminés…ce qui est une masse au moins 10 fois plus importante.

Le site d’enfouissement profond de Bure a déjà couté plus de 35 milliards d’euros.  Alors certains on évoqué la solution d’envoyer les déchets les plus dangereux dans l’espace. Mais est-ce bien raisonnable ? La fusée Ariane 5 peut charger près de 10 tonnes en orbite de transfert géostationnaire lien et chaque vol coute 160 millions d’euros. Il faudrait donc plus de 67000 envois dans l’espace afin d’évacuer le combustible usagé, soit une facture de 10720 milliards d’euros, ce qui est totalement irréaliste.

Mais c’est sur le prix de la santé qu’il faut aussi se pencher. En France, plus de 500.000 personnes meurent tous les ans, et pour un français sur trois, le cancer en est la cause, ce qui représente annuellement 150.000 français. Or s’il est vrai qu’on ne peut pas imputer tous les cancers à la radioactivité, une étude internationale réalisée en 2003 par le CERR (comité européen sur le risque de l’irradiation) affirme que, depuis 1945, sur 123 millions de cancers dans le monde, la moitié d’entre eux est imputable au nucléaire. On constate par exemple que le taux de leucémie autour de La Hague est en augmentation, même si officiellement ce résultat est attribué au hasard.  elon une étude parue en 2007, l’impact de la maladie se situe dans une large fourchette entre 35 et 88 milliards d’euros. Soigner un cancer coute entre 3000 et 6000 euros mensuellement et la sécurité sociale estime que le cancer lui coute 11 milliards d’euros, ce qui n’arrange pas son déficit lequel a atteint en 2010 plus de 20 milliards d’euros.

Voila donc la facture théorique du nucléaire en France : 150 milliards d’euros pour le démantèlement, 10.720 milliards pour se débarrasser des déchets dans l’espace, et 11 milliards pour traiter les cancers, soit un total de 10.881 milliards d’euros.

Pour faire bon poids, il faut y ajouter le prix de fabrication de l’électricité nucléaire, qui est pour l’instant quasiment le seul à être répercuté sur nos factures d’électricité.

Et puis, dans ces calculs théoriques, les conséquences des accidents prévisibles ne sont pas prises en compte, et depuis Tchernobyl et Fukushima, on a une idée plus précise du prix d’une catastrophe. Tchernobyl a couté plus de 500 milliards de dollars, et la catastrophe de Fukushima estimée, pour l’instant, à 130 milliards devant dépasser largement Tchernobyl, l’addition nucléaire commence à être lourde, et on sait d’avance qui devra la payer. Ce qui n’empêche pas Eric Besson d’affirmer sans la moindre hésitation : "sortir du nucléaire coûterait cher, très cher à la France".

En attendant, les séismes récents qu’a connu le sud de l’Ardèche, entre Marcoule, le Tricastin, et Cruas-Meysse (lien) ont provoqué des fissures dans les murs de l’enceinte de confinement de la centrale nucléaire de Cruas Meysse (lien) et au Japon, le corium des trois réacteurs continue son petit bonhomme de chemin contaminant toujours plus l’eau, l’air, et la chaine alimentaire…

Comme a dit Woody Allen : "je ne sais pas si Dieu existe, mais s’il existe, j’espère qu’il a une bonne excuse".

 

 

 

NON À L'ÉNERGIE ATOMIQUE




 
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