Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Non au nuke !!
 

Diminution des pertes en chauffage


Notre premier gisement énergétique, ce sont les économies réalisées sur les pertes dont le plus gros poste est l'habitat. Des pays beaucoup plus froids que le nôtre consomment presque deux fois moins d'énergie pour chauffer leurs bâtiments. Et il a été calculé que le coût d'un kilowatt économisé est trois fois inférieur en moyenne à celui d'un kilowatt produit. En améliorant considérablement l'isolation de nos habitats il est possible, sans problème technique, de diminuer rapidement notre consommation : n'oublions pas que nous chauffons non seulement parce qu'il fait froid mais surtout pour compenser les pertes.


Utilisation de matériels économes en énergie


Avec nos techniques actuelles nous pouvons économiser l'énergie dans de nombreux domaines sans altérer notre niveau de confort, parfois même en l'améliorant. Il ne manque qu'une volonté politique claire et incitative pour que les choses bougent. Et la recherche suivra si elle est sollicitée. Elle aboutira aisément à des solutions étonnantes. Quand on sait que le soleil déverse chaque jour quatre milliards de gigawatts sur notre planète, dix mille fois plus que nécessaire pour toute l'humanité, et qu'un carré de cinq kilomètres de côté de nos actuels et primitifs capteurs photovoltaïques, installé dans l'espace, suffirait aux besoins de tous, on se convainc que les problèmes énergétiques peuvent être résolus facilement, rapidement, et pour tous. C'est juste une politique….


Utilisation des énergies renouvelables locales


Tôt ou tard, plutôt tôt d'ailleurs, les énergies non renouvelables, pétrole, charbon, uranium, gaz de pétrole ou de charbon, vont se raréfier et devenir onéreuses. La seule solution à terme sera forcément d'utiliser des énergies renouvelables comme le soleil, le vent, les chutes d'eau, les vagues, les marées, la biomasse… De nombreux pays modernes, l'Espagne ou le Danemark par exemple, développent ces énergies car ils pensent à l'avenir. À l'inverse, il ne se passe presque rien en France, et nous laissons passer des opportunités d'innovations techniques et d'emplois. Là encore, l'incompétence des hommes politiques et leur vue limitée aux prochaines élections vont peser lourd sur l'avenir de ce secteur primordial.


Aujourd'hui, l'Agence pour le Développement et la Maîtrise de l'Énergie, met en place une politique louable d'aide à l'installation de capteurs thermiques solaires destinés à la production d'eau chaude ou au chauffage par plancher solaire direct. Des subventions couvrent quatre-vingt-dix pour cent des frais de l'étude de faisabilité d'une installation solaire sérieuse et un crédit d'impôt sur les matériels permet une baisse de vingt à trente pour cent du coût final du matériel et de son installation.

Il serait pourtant facile de faire mieux. Exemple : actuellement, si vous produisez de l'électricité photovoltaïque, l'EDF, organisme public en sursis, est obligée de vous la racheter et le prix d'achat est actuellement un peu supérieur à celui de la vente. Vous produisez de l'énergie qui part sur le réseau et un compteur calcule ce que vous fournissez. C'est exactement comme si vous stockiez sur des batteries mais c'est sur le réseau. Par ailleurs, vous consommez de l'électricité et le compteur normal fonctionne comme pour tout un chacun. Le prix d'entrée et de sortie étant peu différents, on sait qu'il est difficile d'amortir une installation électrique de ce type en moins de dix années. Par contre, en Allemagne, l'électricité est rachetée jusqu'à cinq fois plus cher qu'elle n'est vendue, ce qui permet un amortissement rapide, trois ou quatre années seulement, et de belles économies par la suite, voire quelques revenus.


Ces politiques de subventionnement ou de rachat d'énergie, timides encore mais réelles, seront-elles seulement prorogées au delà d'un simple changement de gouvernement ? Rien n'est moins sûr car notre parlement comporte toujours son petit groupe occulte de députés inféodés aux lobbies nucléaire, pétrolier et automobile, qui s'activent au sein des commissions pour saborder toute politique alternative. De fait, en 2003, le budget de l'Ademe a été réduit de quarante millions d'euros, presque la moitié, ce qui n'augure rien de bon pour les entreprises qui se sont lancées dans l'aventure solaire sous l'impulsion du gouvernement précédent.


Et puis EDF va être démonopolisée, c'est-à-dire déservicepublicisée : les centrales resteront sûrement à l'État malgré tout, avec les charges d'entretien et de démantèlement, tandis que la distribution et l'exploitation, rentables elles, tomberont dans l'escarcelle du privé. C'est ce qui s'est passé en Grande-Bretagne et c'est ce qui s'est passé chez nous pour les ex-ptt, la sncf, les télévisions et la SFP, la distribution de l'eau et j'en passe.


C'est ainsi : la démocratie, le moins mauvais des systèmes, passe et passera toujours après les intérêts particuliers les plus pressants. C'est juste une question de méthode et les hommes politiques, financés par les riches et élus par les pauvres, grâce à la promesse de les protéger les uns des autres, se moquent bien de notre avis, se prêtent volontiers à la vaste comédie de l'Hémicycle et de ses effets de manche car ils savent bien qu'en fait, les commissions parlementaires sont les seules véritables allées du pouvoir : s'y rencontrent et débattent des hommes politiques, des experts payés par les industriels, quelques représentants de syndicats professionnels et des délégués potiches d'associations de défense du consommateur ou de l'environnement qui sont bien contents d'être consultés, point. Là, en cénacle, sont prises les grandes décisions pour notre pays et la voix du peuple est loin d'y dominer, même si c'est dans sa maison que cela se passe… Selon Paul Valéry, "la politique est l'art d'empêcher les gens de s'occuper de ce qui ne les regarde pas”.

 

La part des énergies douces


Les personnes bien informées rappellent que nous avons besoin d'une grande production d'énergie centralisée pour alimenter les villes, les grosses usines, les trains, les hôpitaux, etc. C'est exact, et les écologistes le savent. Ils savent aussi qu'existent des possibilités réelles de produire ces grosses quantités sans atteinte grave à l'environnement et dans de bonnes conditions de rentabilité. Il y a cinquante ans déjà, un projet d'usine marémotrice aux Îles Chausey a été étudié qui peut répondre aux nécessités de notre économie, avec ses cinquante-cinq kilomètres de digues, ses deux bassins couvrant plus de cent kilomètres carrés, ses nombreux groupes produisant autant qu'une douzaine de centrales nucléaires, le tout pour un risque nul. Sur les digues et dans les bassins, il est possible d'ajouter un parc de mille à deux mille éoliennes de grande taille, capables de fournir autant d'électricité que cinq autres centrales nucléaires. Cette installation serait capable de fonctionner pendant des siècles pour un coût de fonctionnement très bas. Les générateurs devraient être changés tous les quarante ans environ, la durée de vie d'une centrale nucléaire justement qui, elle, laisse un site détruit pour des siècles et coûte nettement plus cher à rebâtir.

Sous la pression des accords signés à Montréal et à Tokyo, les pays d'Europe se sont engagés à augmenter significativement la part relative des énergies renouvelables dans leur production électrique, vingt-deux pour cent avant 2010. En Allemagne, entre 1990 et 2005, les implantations éoliennes ont été multipliées par cent seize ! Voilà ce que l’on appelle une volonté politique. La plupart des maisons particulières sont équipés au minimum d'un chauffe-eau solaire. Onze mille mégawatts d'électricité sont produits outre-Rhin grâce aux énergies renouvelables, soit quarante pour cent de leur consommation nationale. Ils sont les premiers au monde, mais une menace pèse sur cette réussite qui provient de l'augmentation continuelle de la consommation.

Le Danemark, qui a refusé le nucléaire depuis le début, fabrique trente-deux pour cent de son énergie par les éoliennes en 2005 et cette industrie représente vingt mille emplois et cinquante pour cent de la fabrication mondiale de matériels. Malgré une croissance économique de vingt-cinq pour cent, la consommation énergétique danoise n'a pas augmenté, grâce à une politique dynamique de recherche d'économies. Là-bas, n'importe qui peut créer son entreprise de production d'énergie qui sera couplée au réseau. Ainsi des essais peuvent être pratiqués en taille réelle pour des alternatives telles que l'énergie du bois ou de la biomasse.


En Espagne, le solaire fait un bond grâce à une politique très volontariste. Ainsi, dans toute l'Espagne depuis le printemps 2005, le chauffe-eau solaire est désormais obligatoire pour toutes les constructions neuves. En deux ans, à Barcelone, dix mille mètres carrés de balcons à plancher solaire ont été posés et l'objectif est de couvrir la totalité des besoins de chauffage par ces équipements. Une centrale photovoltaïque de cent kilowatts a été installée par la mairie pour donner le bon exemple. Dans tout le pays, des champs de grandes éoliennes fleurissent, remplaçant les moulins à vent de Cervantes, et produisant une grande quantité d'électricité écologique. C'est d'ailleurs un spectacle magnifique que de traverser un champ d'éoliennes la nuit, sur l'autoroute Zaragossa-Madrid, plus beau encore que le plus beau des feux d'artifice. Chaque éolienne est éclairée d'une ampoule rouge et on a l'impression de s'approcher d'un nuage de lucioles. Mais, quand on le traverse effectivement, alors on distingue faiblement le début des pâles qui tournent. Comme une nuée de petits moulinets rouges voletant pareils à des papillons dans le ciel de nuit. Magnifique, vraiment.


La France, qui actuellement produit quinze pour cent de son électricité en renouvelable grâce à ses nombreux barrages hydrauliques, va devoir se bouger, pour le moins, et diversifier ses sources. La réflexion bat son plein pour savoir comment produire de l'énergie. On projette de construire cinq mille éoliennes de grande taille et c'est déjà ça. On encourage les particuliers mais un problème intervient qui défavorise les français les plus motivés. Les Allemands, avec leurs dynamiques opérations comme celle des "Cent Mille Toits Solaires", nous empêchent d'acquérir des matériels à bon prix. Les fabricants allemands, leader en la matière, ressentent une telle demande chez eux qu'ils nous vendent leurs matériels au même prix, au prix allemand qui reste lourd : une installation de chauffe-eau solaire tourne autour de quatre ou cinq mille euros, et, même si l'état en prend une partie à sa charge, cela reste un investissement.


Notre pays a tourné le dos aux énergies douces pour foncer tête baissée dans l'électronucléaire, si bien que, malgré l'intérêt de leurs matériels à énergie renouvelable, les quelques fabricants français n'ont pas encore l'assise nécessaire à une expansion qui leur permettrait d'innover, de baisser les prix, de créer des emplois. La France est dépendante pour l'achat de ses équipements écologiques et c'est quand même bête de se retrouver à l'aube du vingt et unième siècle, dans le peloton de queue de ces industries du futur, comme de petits débutants en la matière. Remercions une fois encore nos hommes politiques pour leur clairvoyance et espérons que nous rattraperons bien vite ce retard. En attendant, c'est encore une fois le citoyen qui doit tout faire tout seul.


 


 
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