Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

1maisbato.jpg

Utilisateur






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Visiteurs: 19000438
L'assainissement
• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 
LE PROBLÈME GÉNÉRAL DE L'ASSAINISSEMENT

Voici une histoire, malheureusement vraie "sinon ça n'aurait pas de sens", qui en dit long sur la façon dont nos responsables s'occupent de nous. Les faits se déroulent dans une région agricole où l'on a aménagé de nombreuses retenues collinaires pour assurer l'irrigation durant l'été. Oui, ça se passe encore dans le Sud-Ouest. Je suis désolé. Ben… qu'est-ce que vous voulez ! Je m'attache à donner des exemples à partir d'informations et de faits vérifiés et c'est autour de moi que je les trouve. Logique, non ? Si mes chers lecteurs ont de bonnes histoires à raconter, je serai ravi de les prendre en exemple, elles aussi, pour la prochaine parution.

Revenons à nos retenues collinaires. L'une d'elles a été établie sur le cours d'un ruisseau. Un grand lac artificiel s'est formé en deux ans, d'une longueur de deux kilomètres. D'un côté la digue, de l'autre une petite zone de marais boisés abritant une trentaine de couples de hérons cendrés, presqu'autant de milans, des grands rapaces, ainsi qu'une quantité d'oiseaux et de plantes rares de toutes espèces.

Lorsque la retenue fut pleine, le lac inspira les voisins qui voulurent y pratiquer des activités de pêche, chasse, voile, aviron, modélisme ou promenades. Quelques réunions à la mairie furent organisées pour que chacun puisse exprimer sa vision des choses. Un de nos amis, militant écologiste, y participa car il désirait plaider pour la conservation des marais et la tranquillité des nichées d'oiseaux. Par chance, la plupart des participants tombèrent d'accord pour conserver au lac sa richesse biologique naissante et une certaine sauvagerie. On renonça à la promenade qui en ferait le tour complet, on refusa la présence des modélistes et on interdit l'utilisation de moteurs. Seuls les pêcheurs, le club de voile et celui d'aviron furent autorisés.

Notre ami participa à la création du club de voile et en devint secrétaire pour la période de lancement. Le trésorier du club était riverain du lac et, au cours de l'une des réunions, il évoqua le cas d'un garçon de douze ans qui était tombé de son petit voilier, avait avalé la tasse et s'était retrouvé avec une grave infection urinaire, un cas plutôt rare chez un garçon de cet âge. Le trésorier montra alors des photos qu'il venait de prendre, sur lesquelles on voyait un camion citerne de la Saur déversant des boues de station d'épuration directement dans le lac, dans un coin discret à l'abri des regards.

Le club, indigné, décida de demander des explications au maire de la commune. Lors du rendez-vous qui les réunit, celui-ci finit par reconnaître que les boues déversées dans le lac provenaient bien de la toute nouvelle station d'épuration équipant ce village en pleine expansion. Le président du club protesta au nom de la santé des jeunes navigateurs mais le maire expliqua que faire transporter les boues ailleurs coûterait plus cher et que, par conséquent, la subvention municipale pour le club de voile risquait d'être réduite d'autant. Ok, compris ! Devant l'impossibilité de modifier cet état des choses, notre ami démissionna du conseil d'administration qui, lui, préféra oublier l'affaire. Aujourd'hui, on n'en parle plus au village mais les boues sont toujours vidangées dans le lac. Une nouvelle station d'épuration, plus complexe, est en construction, qui sera équipée de récupérateurs divers. Résoudra-t-elle la question ? On peut en douter, c'est certain, car une solution durable aux problèmes d'assainissement ne peut que proposer des voies radicalement nouvelles, qui ne semblent poindre à aucun horizon.

À la lecture de ces faits, un ami confirme avec une autre histoire. Au bourg près de chez lui, un simple fossé en contrebas recueille les boues grises et abondantes de la station d'épuration. L'an dernier, il a été vidé et curé. On a demandé à l'agriculteur voisin de bien vouloir dégager une bande de son champ et les boues y ont été remontées. Cette année, ce même champ est à nouveau cultivé normalement avec des céréales qui seront donc consommées par certains d'entre nous. Il y a fort à parier qu'on y trouvera des trucs indésirables.

Ainsi ces histoires vécues pointent-elles l'aberrante politique qui est suivie en France. On installe des stations d'épuration qui coûtent cher aux habitants et enrichissent les bétonneurs, les équipementiers et les filiales des grandes compagnies de l'eau. Ces stations, bien peu efficaces, collectent les eaux usées, en isolent des boues volumineuses qui sont ensuite rejetées dans des décharges ou des cours d'eau, que l'on considère donc comme autant d'égouts vers l'océan. Bref, on déplace à grands frais nos déjections de quelques kilomètres pour éviter de les voir ou de les sentir. Là encore, nos responsables ne cherchent qu'à faire disparaître les symptômes. Même chose qu'en médecine ou dans le registre de la sécurité publique où l'on ne cherche plus qu'à balayer les indésirables du pavé. S'attaquer aux racines du mal, il n'en est pas question. Certains profits, matériels ou politiques, disparaîtraient, non ?

Pour ce qui concerne le traitement des eaux usées, les fameuses exigences européennes qui devaient nous empêcher de polluer autant semblent des fadaises. Même si toutes les communes de plus de deux mille habitants sont obligatoirement équipées de stations, ces directives ne mènent à rien de sérieux, écologiquement parlant. Les suivre consiste en fait à transmettre à nos enfants les problèmes que nous n'avons pas le courage de résoudre.

Pourtant une autre politique est possible. Les boues pourraient, par exemple, être conduites à des stations de traitement implantées par bassins de vie. Il serait possible d'y adjoindre les déchets agricoles ou forestiers, les déjections de l'élevage, une partie des ordures ménagères et toutes les vidanges de fosses septiques de maisons individuelles que les camions-citerne déversent encore, faute d'installations adaptées, dans des fossés discrets. Pour rentabiliser ces nouvelles stations, on pourrait en extraire du gaz méthane pour les transports ou le chauffage urbain, et surtout en éliminer les métaux lourds et composés toxiques pour obtenir au bout du compte un engrais sain et sec, sans odeur et en granulés, capable de remplacer les engrais chimiques en sacs. Alors peut-être des usines comme azf  à Toulouse n'auraient-elles plus lieu d'exister ni d'exploser.

 
PAGES SUIVANTES :
- "Et nous ? Vous ? Moi ?"
- "Des solutions pour épurer soi-même" 


• • • • • • • • • • • • • • • • • •
ARTICLE EN RELATION :
- "Les toilettes sèches"
- "Phyto-épuration et autres systèmes"
• • • • • • • • • • • • • • • • • •

 
 
Top