Editions de La Pierre Verte

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L'assainissement
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TOUJOURS LES MÊMES QUI PAIENT !

Le droit français prend pour principe que les consommateurs doivent participer à la protection de la ressource, puisqu'ils participent à sa pollution par le rejet de leurs eaux usées. Qu'il dépende d'un réseau collectif ou qu'il utilise une installation d'assainissement individuelle, le consommateur supporte la charge de l'épuration par l'intermédiaire de sa facture d'eau. Ces dispositions sont-elles justes ? On peut se le demander, puisque celui qui finance sa propre installation paye aussi pour ceux qui ne l'ont pas fait.

Dans notre facture, y a-t-il d'autres injustices ? On est en droit de se le demander : il y a toujours une petite magouille quelque part, non ? Et si les agriculteurs veulent que nous financions l'épuration de leurs lisiers, c'est bien parce qu'ils savent que nous finançons en bonne partie les efforts des industriels par l'intermédiaire des redevances de pollution, de ceci ou de cela, versées aux Agences de l'eau, organismes financiers mutualistes dépendant des Comités de bassin. Ces redevances, 13% de nos paiements en moyenne, servent surtout à financer jusqu'à moitié les nouvelles installations d'assainissement. Quatorze milliards d'euros ont ainsi été débloqués de 1992 à 1996 pour les collectivités locales et plus de cinq milliards, c'est beaucoup, pour certains usagers… La redevance est payée par vous et moi en fonction de notre consommation domestique et les industriels qui en disposent ensuite peuvent donc nous dire merci à tous. Pollueur/demi-payeur, voilà une curieuse application des grands principes énoncés au Parlement européen. Vous comprenez : ils ne voulaient pas payer, ces chers petits. Alors on raque pour eux à moitié et, en échange, ils promettent que cet argent servira bien à la dépollution de leurs effluents et pas à l'achat de bureaux en Floride. Pas mal, hein ? Les sommes récoltées pour la sauvegarde de l'eau et son accès à tous sont payées à 84% par le citoyen, par l'intermédiaire des facturations domestiques. Les industriels en paient 15% et les agriculteurs, 1% seulement, grâce à des dispenses à tout-va. Ce sont donc les victimes qui paient, une fois de plus. Ces redevances ont pourtant été jugées anticonstitutionnelles et sans fondement juridique par un groupe de parlementaires. Mais elles sont perçues quand même. Du racket sur le Français, disions-nous… Au moins peut-il se consoler en constatant que la situation s'améliore un peu. Il y a de meilleurs réseaux en ville, c'est déjà ça, et tout le monde sera bientôt équipé d'un système quelconque, parfois efficace.

Actuellement, la part de notre facture consacrée au traitement des eaux résiduaires est d'un tiers. Elle ne fait qu'augmenter et c'est elle, avec les nouvelles taxes, qui fait grimper les prix. Attendons-nous donc à connaître sous peu une seconde vague de hausses à laquelle, il est vrai, nous sommes déjà préparés. Les Français, qui ont la mémoire courte, on le voit à chaque élection, oublient déjà la privatisation abusive de l'eau et, empreints de générosité écologique, ils acceptent de payer tout et n'importe quoi, tout comme ils semblent avoir accepté la privatisation du téléphone, des télévisions, et bientôt celles de la poste, du chemin de fer et de l'électricité. À suivre : les prisons, les hôpitaux, puis l'éducation nationale… Vous verrez, on en entendra parler de plus en plus.

 
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